Vous passez à côté d’une auto verrouillée. Il y a un chien à l’intérieur. Il fait chaud. Qu’est-ce que vous faites ? Pour la plupart d’entre nous, la réponse serait simple. On briserait la fenêtre de la voiture, on appellerait de l’aide, on donnerait de l’eau à la pauvre bête. Mais si c’était un cochon qui était en train de suffoquer ?

La première fois que j’ai vu La Politique sexuelle de la viande de Carol J. Adams, je parcourais les rayons d’une librairie de livres d’occasion. La couverture mauve détonnait parmi les classiques de la question animale. Je l’ai pris pour le reposer aussitôt: n’y avait-il pas plus urgent et plus important à lire que les élucubrations d’une féministe ?

Plusieurs milliers de personnes ont déjà participé aux premières éditions du Défi végane organisé par le Festival végane de Montréal. Les participantes et participants y ont trouvé le soutien nécessaire pour passer des bonnes intentions à la pratique. Je me suis inspirée de ces expériences pour écrire mon nouveau livre, Le défi végane 21 jours (en librairie dès aujourd’hui), un petit guide pratique d’introduction au véganisme.

La mac and cheese week arrive à point. C’est la fin de l’hiver, on a besoin de réconfort. À Montréal, Québec et Toronto, des restaurants se sont regroupés pour ajouter un peu de chaleur dans nos dernières journées enneigées. Si les chefs rivalisent d’imagination pour concocter le macaroni le plus décadent qui soit, aucun n’a osé substituer le fromage pour un ingrédient un peu plus sain.

Ce texte est paru dans le journal L’Itinéraire du 15 janvier 2016.

Le 4 décembre dernier, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité le projet de loi 54 qui modifie le statut juridique de l’animal. Les élus se sont levés pour dire que « Les animaux ne sont pas des biens. Ils sont des êtres doués de sensibilité et ils ont des impératifs biologiques. »

Lorsque Sophie Gaillard, Martin Gibert et moi-même avons lancé le manifeste Les animaux ne sont pas des choses il y a à peine deux ans, nous étions loin de nous imaginer qu’il susciterait un quelconque intérêt en dehors de nos cercles d’amis et des réseaux animalistes.

« Aujourd’hui, on ne nous demande plus pourquoi cesser de manger des animaux, mais comment faire » déclarait récemment Fabrice Dezrelle, président de l’association belge Végétik. Je partage son impression. Je reçois des dizaines de courriels par mois de gens qui me demandent des conseils, mais surtout des références de traiteurs. Pour se faire livrer des petits plats préparés à la maison, pour servir le lunch à un groupe de travail ou pour une réception.

Il y a un peu plus d’un an, Sophie Gaillard, Martin Gibert et moi-même lancions le manifeste Les animaux ne sont pas des choses pour réformer le Code Civil du Québec. 52 000 signatures plus tard, un projet de loi était déposé par le ministre Pierre Paradis. La Loi visant l’amélioration de la situation juridique de l’animal propose une réforme du statut juridique de l’animal sous le Code civil du Québec, reconnaissant celui-ci comme un être sensible, distinct de l’objet inanimé. Le projet de loi est commission parlementaire.

Hier soir, j’étais invitée à manger chez mon amie Mariève de Brutalimentation qui m’a proposé d’apporter le dessert. Qu’est-ce qu’on prépare pour une amie traiteur de qui on a tout à apprendre en matière d’agencement de goût ? Un truc simple, brut. J’ai pensé à un clafoutis. Restait juste à trouver comment le véganiser.

Si j’ai découvert l’éthique animale, c’est un peu la faute de Martin Gibert. On était en 2009 et il enseignait l’introduction à l’éthique à l’Université de Montréal. J’avais reçu sa commande de livres au bureau, commande dans laquelle se trouvait l’Éthique animale de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer. J’attendais un ami dans un café, j’ai commencé à feuilleter le bouquin… et on connait la suite. C’est aujourd’hui à son tour de publier sur la question. Martin vient tout juste de faire paraitre Voir son steak comme un animal mort: véganisme et psychologie morale chez Lux et je me suis permis de lui poser quelques questions.

Depuis de nombreuses années, nous choisissons les aliments que nous consommons en nous basant sur leur apport en calories, en matières grasses, en fibres, en vitamines et en minéraux. Cependant, compte tenu des préoccupations croissantes quant à l’approvisionnement en eau douce, à la perte de la biodiversité et aux changements climatiques, il est temps de nous détourner des aliments d’origine animale pour adopter une alimentation à base de végétaux.

Renan Larue est agrégé et docteur en lettres modernes. Récipiendaire de la bourse Banting, il est chercheur postdoctoral à l’université de Montréal où il enseigne la littérature française. Il est l’auteur du Végétarisme des Lumières (Garnier, à paraître) et d’une anthologie intitulée Les pensées végétariennes de Voltaire (Fayard/Mille et une nuits, 2014). Il vient de faire paraitre Le végétarisme et ses ennemis aux Presses universitaires de France et a généreusement accepté de nous accorder une entrevue.

Conférence et discussion

Avec Christiane Bailey, étudiante au Doctorat en philosophie, Université de Montréal
et Élise Desaulniers, auteure.

Le samedi 7 février, de 10h à 12h15, UQAM (A-2405, pavillon Hubert-Aquin).
Dans le cadre de Philopolis. Entrée libre.

Le mouvement pour la protection des animaux est largement composé de femmes, mais les liens entre féminisme et libération animale ainsi qu’entre patriarcat et suprématie humaine sont encore méconnus.

« J’ai été végétarienne pendant trois ans pour des raisons de mieux-être, d’éthique et d’environnement. Puis, quand j’ai vu ma santé décliner, j’ai opté pour une alimentation paléo. »

Dans le dernier numéro du magazine Véro, page 118, on propose un débat pour ou contre le végétarisme. La page est divisée en deux colonnes. Dans le camp gauche, j’explique pourquoi j’encourage l’élimination des protéines animales de notre alimentation. À droite, Aglaée Jacob, qui détient un bac et une maîtrise en nutrition, défend le point de vue contraire à partir de sa propre expérience. Comme je n’ai pas eu l’occasion de lire ses arguments avant de présenter ma position, je vais profiter de ce billet pour lui répondre.

par Marie-Noël Gingras-Perron 

Chaque jour de la semaine et ce, jusqu’au 5 octobre, 30 camions nous attendent aux quatre coins de la ville pour nous faire découvrir leur cuisine de rue.

Je me suis intéressé aux options végétaliennes que ces food trucks proposent… s’ils en proposent ! Voici un petit compte rendu de mes découvertes.

Une visite chez Sata Sushi

J’aime les sushis. Mais genre, vraiment beaucoup. Abandonner le fromage ? C’est rien comparativement au thon et au saumon. J’ai eu la chance de visiter le Japon et fallait me tordre le bras pour m’amener manger ailleurs que dans les bars à sushis. En fait, je pense que je me rappelle avec précision chaque repas de sushi que j’ai pu manger dans ma vie.

par Isabelle Gélinas

Dès que j’ai aperçu le livre Courez mieux courez végé, j’ai voulu me le procurer. Adepte de la course à pied, je courais encore l’an dernier, mais une vilaine blessure m’a clouée au plancher pendant plus de six mois, et j’ai de la difficulté à m’y remettre sérieusement. Coïncidence, je suis devenue végétalienne quelques mois après ma blessure. Allier course et végétalisme dans un seul ouvrage m’est immédiatement apparu comme une bonne idée.

Frédéric Côté-Boudreau, doctorant en philosophie à l’Université Queen’s
Élise Desaulniers, auteure de Je mange avec ma tête : les conséquences de nos choix alimentaires (Stanké 2011) et Vache à lait, dix mythes de l’industrie laitière (Stanké 2013)

En ce 22 avril, on nous invite à fêter la terre « en changeant nos habitudes ». Dans sa campagne québécoise, le Jour de la terre présente des piñatas en forme d’animaux sauvages contenant non pas des bonbons, mais des déchets : canettes d’aluminium, bouchons de plastique, mégots de cigarettes ou morceaux de verre.

Plaidoyer pour la graphie épicène avec un « e »

Rédigé par un collectif de militantes et de militants véganes.

Le véganisme est de plus en plus populaire, mais la langue française tarde à adopter une graphie uniformisée pour référer à ceux et celles qui pratiquent ce mode de vie. Vegan? Végan? Végintégriste? Plusieurs refusent d’utiliser le terme végétalien, mot qui s’applique avant tout à la pratique alimentaire, alors que le véganisme est conçu comme le refus global de toute exploitation animale, que ce soit pour l’alimentation, le divertissement, l’habillement ou les tests de laboratoire. Il s’agit d’ailleurs du sens donné au mot anglais dès 1951 par The Vegan Society qui avaient eux-mêmes créé ce terme. Quel mot devrait-on utiliser en français?

C’est le restaurateur romain Alfredo di Lelio qui, en 1914, aurait inventé la sauce Alfredo en doublant la quantité de beurre des fettuccine al burro. Il espérait ainsi faire manger sa femme enceinte et prise de nausées. Très vite, les consommateurs se sont rués sur sont restaurant, mais c’est en Amérique que la sauce Alfredo est devenue un classique – et une sauce d’ailleurs. En Italie, le beurre et le fromage sont intégrés aux pâtes chaudes qui en absorbent la saveur. Ici, on préfère noyer ses fettucines à la louche.

La plupart de ceux à qui je parle de végétalisme comprennent assez rapidement les arguments (éthiques, écologiques ou de santé) et finissent par démontrer un intérêt à changer leur alimentation. Par contre, un tel changement radical peut faire peur et plusieurs personnes s’en sentent incapables. Comment on s’y prend pour faire la transition ? Est-ce que ça doit se faire du jour au lendemain ? Pas nécessairement.

Par Frédéric Côté-Boudreau
(une première version de cet article est parue en 2011)

(CRITIQUE DU NÉOCARNISME ORDINAIRE)

Les élevages à petite échelle et soucieux du bien-être animal sont-ils moralement acceptables? Dans son dernier livre, l’universitaire américain James McWilliams propose une histoire du temps présent et nous raconte un fait divers survenu au Vermont en 2012. Bill et Lou, les deux bœufs de trait – et les deux mascottes – d’une petite université pour environnementalistes adeptes de la « sustainability », allaient être servi à la cafet’. D’aucuns s’en soucièrent. Avec cette chronique d’une controverse agricole et cette critique du néocarnisme ordinaire,  McWilliams nous offre une plongée stimulante en éthique appliquée. Et un livre important.

On voit beaucoup de tableaux qui circulent illustrant la quantité de protéines dans les végétaux. Dans certains cas, les chiffres sont bons. Dans d’autres, ils sont faux. Le nutritionniste américain Jeff Novick a refait les calculs en se basant sur les dernières données de la USDA. Son article a suscité beaucoup d’enthousiasme sur le réseaux sociaux et je me permets d’en proposer une traduction. On peut télécharger un PDF complet ici.

Je serai avec Martin Gibert à Clermont-Ferrand lundi le 8 juillet pour animer une conférence-débat organisée par La Griffe. Je vous copie le communiqué :

Élise Desaulniers et Martin Gibert vivent à Montréal. La première est auteure de deux essais sur les questions éthiques liées à l’alimentation et elle est fréquemment invitée par les médias de son pays à commenter les questions relatives à l’éthique animales qui connaissent, outre-Atlantique, un intérêt grandissant.