Sexisme, racisme et spécisme : intersections des oppressions

Conférence et discussion

Avec Christiane Bailey, étudiante au Doctorat en philosophie, Université de Montréal
et Élise Desaulniers, auteure.

Le samedi 7 février, de 10h à 12h15, UQAM (A-2405, pavillon Hubert-Aquin).
Dans le cadre de Philopolis. Entrée libre.

Le mouvement pour la protection des animaux est largement composé de femmes, mais les liens entre féminisme et libération animale ainsi qu’entre patriarcat et suprématie humaine sont encore méconnus. Suivant une approche écoféministe qui soutient que les oppressions humaines sont liées à la domination des autres animaux et de la nature, nous verrons comment les conditions matérielles et idéologiques de l’exploitation des animaux ont facilité et facilitent encore la domination de certains groupes humains considérés comme inférieurs. Justice sociale, animale et environnementale étant intimement liées, les écoféministes ne dénoncent pas seulement le spécisme des activistes pour la justice sociale et des écolos, mais également les tactiques sexistes, racistes et « habilistes » fréquemment utilisées par les défenseurs des animaux.

Élise Desaulniers

Élise Desaulniers montrera comment les différentes oppressions (racisme, sexisme, classisme, etc) sont interreliées et que ce sont les mêmes mécanismes qui rendent possibles l’exploitation des animaux. Du spécial Hommes de Ricardo aux pubs de la Cage aux sports en passant par les pitounes de PETA, elle analysera le discours sexiste des carnistes et des véganes de même que les liens entre l’objectivation du corps des animaux de boucherie et celui des femmes. S’inspirant de Carol J. Adams, de Breeze Harper et d’autres écoféministes, elle montrera enfin l’importance de lutter en parrallèle contre les différentes formes d’oppressions.

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Mes diapos sont ici.

 

Christiane Bailey

Plusieurs progressistes craignent que reconnaître des droits aux animaux aurait pour effet de dévaloriser ou de fragiliser les droits humains puisque cela priverait la gauche d’une de ses stratégies favorites qui consiste à soutenir que les humains sont dotés d’une dignité dont seraient dépourvus tous les autres animaux. Renforcer la hiérarchie de l’espèce et sanctifier l’humain permettrait, selon certains humanistes, de protéger les humains du danger de déshumanisation et d’animalisation. À l’aide d’analyses écoféministes et de recherches empiriques, Christiane Bailey soutiendra que cette stratégie humaniste n’est en fait ni juste, ni efficace. Les défenseurs des animaux ne doivent pas se contenter de critiquer le spécisme des humanistes-suprémacistes, mais ils doivent également dénoncer les tactiques racistes, sexistes et habilistes (ableist) qui discréditent le mouvement de défense des animaux. Nous verrons des exemples de campagnes à éviter (cibler les pratiques des minorités et des étrangers, les capacités cognitives, etc.) et d’actions à privilégier (éducation égalitariste, vigiles, témoignages, adoptions, sanctuaires, etc.) afin de développer un mouvement qui soit réellement progressiste et solidaire des autres luttes pour la justice sociale et environnementale. En terminant, nous verrons que les antispécistes ont beaucoup à apprendre des luttes féministes. La représentation populaire des féministes comme des personnes qui haïssent les hommes et le stéréotype des défenseurs des animaux comme des personnnes qui haïssent les humains, encouragent la marginalisation et la stigmatisation de ces deux luttes. S’opposer au patriarcat et à la suprématie humaine, ce n’est pas être « contre les hommes », mais contre la domination et la violence des hommes envers les femmes et les autres animaux. Être féministe et végane, c’est s’opposer à l’idée d’une domination naturellement juste des puissants sur les moins privilégiés et combattre les privilèges qu’un groupe s’est injustement arrogé par la violence, l’intimidation, le droit et la tradition.

Article de Christiane

Les conférences seront suivies d’une période de discussion.

 

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