On voit beaucoup de tableaux qui circulent illustrant la quantité de protéines dans les végétaux. Dans certains cas, les chiffres sont bons. Dans d’autres, ils sont faux. Le nutritionniste américain Jeff Novick a refait les calculs en se basant sur les dernières données de la USDA. Son article a suscité beaucoup d’enthousiasme sur le réseaux sociaux et je me permets d’en proposer une traduction. On peut télécharger un PDF complet ici.

Je serai avec Martin Gibert à Clermont-Ferrand lundi le 8 juillet pour animer une conférence-débat organisée par La Griffe. Je vous copie le communiqué :

Élise Desaulniers et Martin Gibert vivent à Montréal. La première est auteure de deux essais sur les questions éthiques liées à l’alimentation et elle est fréquemment invitée par les médias de son pays à commenter les questions relatives à l’éthique animales qui connaissent, outre-Atlantique, un intérêt grandissant.

C’est ce week-end à Montréal (les 15, 16 et 17 mars) et le suivant à Québec (23-24 mars) qu’aura lieu l’Expo manger santé. Plus de 25 000 visiteurs sont attendus : inutile de dire que c’est le plus gros événement santé au Québec. Cette année encore, des centaine d’exposants présenteront au public des aliments sains et des produits écolo. C’est l’occasion rêvée de goûter à plein de nouveaux produits et de discuter avec leurs fabricants. Et pour la troisième année consécutive, je serai présente à l’expo.

La poussière s’accumule sur mes comptoirs de cuisine, j’ai prêté des bols et des moules à des copines et je songe à utiliser mon four comme espace de rangement. C’est vrai que depuis quelques mois, je ne cuisine pratiquement pas. Je fais plutôt appel à des traiteurs comme Daniela, Mariève et Gaëlle qui me cuisinent  avec amour des petits plats végétaliens pendant que je réfléchis, écris, fais du yoga et flatte mes chats.

La diffusion du reportage La face cachée de la viande sur TVA dimanche dernier nous aura montré une chose : les agriculteurs du Québec sont branchés. Ils ont été des centaines à commenter sur Facebook et Twitter, pour la plupart outrés qu’on diffuse de tels mensonges à heure de grande écoute et qu’on omette de présenter « les deux côtés de la médaille ». On pouvait s’y attendre. N’importe quel groupe pointé du doigt aurait réagit de la sorte : un reportage sur la face cachée de l’éducation aurait amené des réactions de profs et un autre sur la face cachée de la coiffure aurait probablement lui aussi généré son lot de commentaires de la part de stylistes capillaires !

« Mais pourquoi devrait-on se soucier des bêtes qui ne se soucient pas de nous? Croyez-vous qu’un requin affamé ferait la différence entre un méchant carnivore et un gentil végétarien ? Moi, je crois bien qu’il n’hésiterait pas à nous manger… « . C’est vrai. Alors pourquoi devrait-on se soucier des animaux alors qu’eux ne se soucient pas de nous?

On ne mange pas seulement pour survivre. La cuisine fait partie de notre culture, de notre identité. Quand je décide de remplacer la tourtière par un pâté de millet et que je refuse de mettre du lard dans mes patates, suis-je en train de renier tout ce que mes ancêtres ont construit, ce qui me lie à ma nation ? Est-ce que priver ses enfants de dinde est aussi condamnable que de les éduquer en anglais sans jamais leur faire écouter Moi mes souliers ?
Vivre et laisser vivre. Je vous laisse manger votre tofu, fichez-moi la paix avec mon poulet. Est-ce que les carnivores se sont énervés quand McDo à commencé à vendre de la salade ? Alors pourquoi ne pourrait-on pas vendre du poulet chez Commensal ? Chacun ses croyances ! Chacun a droit à ses idées et à manger ce qu’il veut ! Faites dont preuve d’un peu de tolérance !

 

Quand j’étais petite, mon père me disait souvent « C’est pas parce que quelqu’un te demande de te jeter à l’eau qu’il faut le faire ».
C’est ce que j’aurais dit aux dirigeants du Commensal si on m’avait demandé mon avis sur l’introduction de poulet, de crabe et de crevettes dans leur menu.

Quelques mois après l’ouverture d’un Commensal & cie sur la Rive-Sud, le premier restaurant végétarien au Québec vient d’annoncer qu’il offrirait maintenant dans tous ses restaurants des présentoirs Commensal & cie, garnis de poulet du Québec, de crabe et de crevettes nordiques. Pourquoi? Parce que 65 % des clients auraient dit qu’ils en voulaient.

J’écris beaucoup moins ces temps-ci mais ce n’est pas que j’ai arrêté de me questionner sur les conséquences de nos choix alimentaires. Au contraire. D’ailleurs, commence ce mercredi à offrir mon premier « vrai » cours à vie dans le cadre de l’UPop, l’Université populaire de Montréal. Ce cours, « L’éthique dans l’assiette » est offerts sur cinq semaine, le mercredi soir à 19h, du 26 septembre au 24 octobre. Les rencontres auront au Bar Populaire dans la petite Italie (6584 St-Laurent). Et le plus génial dans tout ça, c’est gratuit et qu’il n’y a pas d’inscription nécessaire (en revanche, on peut boire de la bière en m’écoutant). À chaque séance, une heure de théorie, une heure de questions.

Il y a quelques semaines, je parlais d’un nouveau poulet végétal produit à base d’ingrédients naturels qui ressemblait à s’y méprendre à la vraie chose. En vacances en Oregon, j’ai pu goûter à ce faux poulet produit par Beyond Meat.

Les végétariens vont se reconnaître dans mon expérience. Vous savez, quand vous mordez dans un sandwich et que le plaisir initial est vite remplacé par un « merde, c’est de la viande… » ? C’est ce qui m’est arrivé ce midi. J’ai dû regarder mon emballage 2 fois pour être bien certaine de ne pas m’être trompée. Même ‘à froid’, sans sauce, les morceaux de poulet goûtent… le poulet. La texture, le goût, le gras, tout y est. En revanche, pas de souffrance, pas de cholestérol, moins de CO2, que du bio. Que demander de plus ? En plus, il coûte le même prix que le « vrai » poulet.

Je suis folle de café. J’en bois à longueur de journée.

La semaine dernière, j’ai découvert le cappuccino glacé de Natura. Je croyais avoir trouvé le breuvage idéal pour finir l’été en beauté. Le hic, c’est que c’est plein de sucre. Si elle l’apprend, je sais bien que MariÈve ne manquera pas de me gronder. J’ai donc décidé de m’en faire. Le défi, c’est qu’il fallait trouver une façon pour qu’entre mon désir de café et la première gorgée, il s’écoule moins de 5 minutes. Ma solution ? Le pot Masson.

Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’éthique animale il y a quatre ou cinq ans, rares étaient les sources d’information en Français. À part le premier livre de Jean-Baptiste et quelques textes de militants, rien. Puis il y a eu la « conversion » de Georges Laraque, la version française de Earthlings et l’arrivée les Lundis sans viande au Québec. Du coup, les médias ont commencé à aborder la question. On a eu droit à quelques excellents reportages dont celui de Richard Martineau aux Francs Tireurs. Est ensuite venue la traduction française de Eating Animalset j’ai l’impression que tout a déboulé. On parles du traitement qu’on fait des animaux, on se questionne sur notre rapport avec eux, c’est énorme. Plus on en parle, plus on sait, plus il est difficile d’ignorer ce qui se passe derrière les portes closes des élevages quand vient le temps de faire notre marché.

Je vous en parlais il y a quelques semaines, le New York Times a demandé à ses lecteurs de dire en quelques centaines de mots pourquoi il est éthique de manger de la viande ».

Un jury composé de Peter Singer, Michael Pollan, Jonathan Safran Foer, Mark Bittman et Andrew Light a sélectionné six textes. Les lecteurs ont choisi celui d’Ingrid Newkirk, une des fondatrice de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) qui défendait l’idée selon laquelle seule la viande in vitro pouvait être consommée éthiquement (les textes étaient jugés anonymement). Quant au texte sélectionné par le jury, il n’aura séduit que 14% des lecteurs. Son auteur, Jay Boost, est agro-écologiste et enseigne dans un collège de Caroline du Nord.

Le New York Times organisait le mois dernier un concours dans lequel on invitait les lecteurs à soumettre de courts textes qui donnait des raisons éthiques de consommer de la viande. Initiative des plus intéressantes : au lieu de demander aux végés de justifier leurs positions, on déplace le fardeau de la preuve chez les carnivores.

Le jury composé de Peter Singer, Michael Pollan, Jonathan Safran Foer, Mark Bittman et Andrew Light a choisi six textes finalistes. On invite maintenant les lecteurs à voter pour leurs textes préférés avant le 24 avril.

Qu’on milite pour le gel des droits de scolarité, contre les gaz de schiste ou pour la fin de l’exploitation des animaux, on est tous dans le même bateau : on veut influencer, changer le monde. On parle, on écrit, on manifeste, on rencontre. On fait surtout de son mieux, bien souvent sans savoir si la stratégie qu’on adopte portera fruit. C’est peut-être l’intention qui compte, mais on ne milite pas pour passer le temps, les résultats devraient nous importer aussi. Comment militer efficacement? En fondant nos actions sur les expériences des autres groupes et surtout, sur la psychologie.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’alimentation, nombreux sont ceux qui m’ont parlé de Renée Frappier : « il faut que tu lises ses livres », « il faut que tu la rencontres ». Ils avaient bien raison : Renée Frappier est en quelque sorte la fée marraine de la saine alimentation au Québec.
Comme l’explique Mariève dans son billet retraçant sa vie, Renée Frappier s’intéresse à l’alimentation biologique et au végétarisme depuis près de 40 ans. De professeure de chimie elle est devenue professeure d’alimentation végétarienne et auteure, puis cofondatrice de l’Association manger santé. Elle est maintenant à la tête de l’Expo manger santé qui fête sa 15e édition. Toute une vie à éduquer. J’ai discuté avec elle des défis auxquels on fait face quand on essaie de changer le monde « une personne à la fois ».