Le week-end dernier, on célébrait l’anniversaire de Valéry dans son magnifique chalet dans Lanaudière. Lorsque les tâches ont été réparties, Sophie et moi se sommes portées volontaires pour préparer le souper. Le thème de l’Italie s’est vite imposé.

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Hier soir, j’étais invitée à manger chez mon amie Mariève de Brutalimentation qui m’a proposé d’apporter le dessert. Qu’est-ce qu’on prépare pour une amie traiteur de qui on a tout à apprendre en matière d’agencement de goût ? Un truc simple, brut. J’ai pensé à un clafoutis. Restait juste à trouver comment le véganiser.

Je suis folle de café. J’en bois à longueur de journée.

La semaine dernière, j’ai découvert le cappuccino glacé de Natura. Je croyais avoir trouvé le breuvage idéal pour finir l’été en beauté. Le hic, c’est que c’est plein de sucre. Si elle l’apprend, je sais bien que MariÈve ne manquera pas de me gronder. J’ai donc décidé de m’en faire. Le défi, c’est qu’il fallait trouver une façon pour qu’entre mon désir de café et la première gorgée, il s’écoule moins de 5 minutes. Ma solution ? Le pot Masson.

Panna cotta à n’importe quoi

J’ai tendance à ne jamais répéter une recette. Ce serait comme me couper du plaisir de découvrir de nouvelles saveurs et peut-être aussi me ralentir dans ma recherche du plat parfait. Mais là, je dois avouer que depuis deux ou trois semaines, j’ai du refaire ces panna cotta une bonne demie douzaine de fois, dans toutes les variances possibles. À chaque fois, plaisir fou au bout de la cuillère. Pour un dessert prêt en moins de cinq minutes, on ne peut pas trouver mieux. Un gros merci à Catherine de qui je me suis inspirée pour faire ce miracle.

Oignon au four et poireau vinaigrette

Lorsque j’ai visité Proef, le restaurant de la designer Marije Vogelzang j’ai été absolument séduite par l’oignon rouge cuit au four. La serveuse m’avait alors expliqué que l’oignon était simplement cuit à feu doux, dans sa peau, pendant environ une heure. C’est tout. Vraiment ? Oui oui. J’y croyais pas trop, mais fallait bien essayer.

Piccata de seitan sur bette à carde et chou braisé avec risotto de shitake et légumes grillés à l’érable

Les paniers bio que je reçois de ma ferme sont plus abondants que jamais  et alors que celui de la semaine dernière était à peine entamé, c’est une nouvelle cargaison de chou, de carottes, de pommes de terre et de plein d’autres légumes que j’ai reçue jeudi dernier. La porte du frigo a du mal à fermer. J’ai donc décidé de récidiver avec un autre défi inspiré par Les Chefs, un repas « un peu gastronomique » pour trois personnes sans faire de courses réalisable en deux heures.

Petit repas entre amis improvisé à partir du panier bio

« Élise Desaulniers est super excitée par son défi du jour qu’elle vient de se poser : un repas pour 6 personnes, prêt en moins de 2 heures à partir du panier bio qu’elle va recevoir à 17h dont elle ignore encore le contenu. » Je l’ai écrit sur Facebook dès que l’idée m’a traversé l’esprit, je ne pouvais plus reculer.

Chaque jeudi, je reçois un panier de légumes biologiques des Jardins Glenorra dans le cadre du programme de fermiers de famille d’Équiterre. On est au plus fort de la saison et les paniers débordent de légumes fraîchement cueillis. C’est un peu la fête à chaque fois : qu’est-ce qu’on a cette semaine ? Est-ce que les tomatillos sont revenus ? Allons-nous avoir des concombres ? Un des grands plaisirs des paniers bio, c’est justement d’adapter son alimentation aux produits disponibles. Inspirée par l’émission Les Chefs à Radio-Canada où des aspirants chefs doivent chaque semaine improviser à partir de contraintes établies dans un temps serré, j’ai décidé de me lancer, préparer un souper pour six personnes à partir du panier bio. On trouve du plaisir à faire à souper en rentrant de travailler comme on peut.

Quelques recettes d’été pour profiter des belles journées

Si je me fie à mon calendrier, nous sommes pratiquement à la moitié de l’été. Même si les boutiques semblent pressées de nos traîner avec l’automne avec leurs étalages de rentrée des classes et de cols roulés, on a encore un peu de temps pour faire des réserves de vitamine D et expérimenter avec des recettes estivales. Contrairement aux billets sérieux sur l’aquaculture, les pesticides et la souffrance animale qui peuvent quand même attendre un peu, j’ai accumulé au cours des dernières semaines plein de petites idées qui sont toutes indiquées pour profiter de ce qui nous reste de beaux jours. Alors les voici :

Guide de la salade repas

L’été ne fait que commencer et nombreuses encore seront les journées où notre corps va nous implorer de le nourrir d’aliments frais et crus. Il est simple et facile de se régaler tout en allant chercher tous les nutriments essentiels en faisant de la salade un repas principal coloré, plein de saveurs et énergisant.

S’il y a un plat qu’il est impossible de rater et pour lequel on devrait utiliser nos restes et se laisser inspirer par les arrivages du marché sans trop se prendre la tête, c’est bien une salade. Il s’agit simplement de connaître quelques principes de base pour en faire un plat équilibré et surtout, garnir le tout d’une bonne vinaigrette. Parce que comme le dit cette mauvaise traduction du nom d’un excellent film, le secret est dans la sauce.

Qu’est-ce qu’on peut mettre dans son saladier ?

La fameuse soupe froide à l’avocat et à la bière de mon ami Ianik.

Mon ami Ianik se définit de bien des façons mais pas du tout comme un végéta*ien.  Une de ses grandes spécialités, c’est la merguez sur le grill et il ne jure que par sa boucherie downtown HoMa Hochlag’. N’empêche que Ianik est, de tous mes amis, sans doute le meilleur cuisinier et son répertoire contient d’incroyables recettes végétaliennes glanées au fil des années, déconstruites et reconstruites suivant ses inspirations.

Les sablés aux fraises végans de Jae Steele

J’ai déjà parlé de mes souvenirs d’enfance liés aux fraises. Au-delà de la cueillette, je me souviens qu’une fois par année, mes parents m’amenaient chez St-Hubert expressément pour que je puisse manger le shortcake aux fraises. C’était la grande sortie. J’avais droit à l’apéro pour enfants (du 7up avec de la grenadine, bonjour le sucre), à quelques morceaux de poulet avec des frites et surtout, au dessert que j’attendais toute l’année. Du gâteau, des fraises, de la crème. J’avais conservé l’impression que le shortcake aux fraises était une spécialité de St-Hubert et qu’on devait se taper le poulet pour pouvoir en manger jusqu’à ce que je tombe sur la recette de Jae Steele, publiée dans son nouveau livre, Ripe from around here. De vrais sablés entre lesquels on trouve une onctueuse crème de cachous et des tonnes de fraises. Et pour faire un peu fancy, j’y ai ajouté un étage de compote de rhubarbe. Un super dessert prêt en quelques minutes qui nous ramène aux étés de notre enfance à la première bouchée.

Fleurs de courge farcies au tofu de maïs et pesto de coriandre

J’ai profité de ma visite à San Francisco en mai dernier pour visiter le restaurant Millenium, probablement le plus grand restaurant végan au monde dont je parle assez souvent ici. J’ai visité le célèbre resto à deux reprises, la dégustation totale à chaque fois, la succession d’épithètes à chaque plat. Mais si je devais en choisir un seul, celui qui m’a le plus marquée, ce serait les «Pumkin Seed Crusted Stuffed Squash Blossom.» Des fleurs de courges farcies avec du tofu citronné à la sauge et servies avec des champignons sautés et de la confiture de groseilles.

Burger portobello avec aïoli, fenouil caramélisé et crème de noix de pécan

Ce soir, c’était la troisième fois en à peu près autant de semaines que je faisais cette recette d’Eric Tucker, chef du réputé restaurant Millenium de San Francisco. Le burger de portobello  est  un des plats les plus populaires au Encuentro, le  nouveau café de Tucker, à Oakland et pour cause: ce burger offre un assemblage unique de saveurs à la fois franches et complexes : fenouil et oignons caramélisés, « fromage » de noix de pécan, aïoli aux câpres, portobello grillé. L’exemplaire du San Franciso Chronicles dans lequel je l’ai dénichée est maintenant tout taché de gras. Je n’ai plus le choix, il faut que je la recopie pour pouvoir continuer à en profiter !

Repas printanier d’inspiration japonaise

Fallait marquer l’ouverture de la terrasse avec son premier souper d’amis de l’été, mais pas en passant la journée devant les fourneaux: la cuisinière aussi avait envie de profiter des 25 degrés. Je me suis laissée inspirer par la fraîcheur, la simplicité et la précision de la cuisine japonaise pour préparer des plats facile mais offrant de vraies surprises au palais. En entrée, des rouleaux de caviar d’aubergine accompagnés de daïkon et de tomates.

Ceux qui me suivent se rappellent que mon caviar d’aubergine avait eu un très grand succès lors du festin d’agnostiques et j’ai donc d’abord choisi de miser sur cette valeur sure. La recette est ici. J’ai servi le caviar d’aubergine en cornets grâce à ma découverte de la semaine, des « soy wrappers » dénichés chez Eden sur l’Avenue du Parc. Ces minces feuilles de soya (non ogm) s’appellent aussi mame nori et remplacent les feuilles d’algues dans les sushis. On les utilise d’ailleurs exactement comme le nori mais ça me semble un peu plus solide et avec un goût plutôt neutre et une texture agréable. On les achète en paquet de cinq – avec cinq couleurs différentes  – pour environ quatre dollars.

Un buffet végétalien pour non-croyants

La proposition était séduisante. Il allait s’occuper de tous mes petits problèmes et caprices de WordPress et en échange, je préparais un repas pour le premier anniversaire de son neveu. Je pouvais cuisiner ce que je voulais. « Ok, mais je ne suis pas certaine que je pourrais cuisiner de la viande. Ça va être végan. Ça ne dérange pas ? » Je pouvais faire ce que je voulais (en revanche, ma liste de requêtes pour mon blog lui laisse beaucoup moins de latitude). Cuisiner contre du CSS, on aime.

Petits guides des fruits et légumes saisonniers

Quand j’étais petite, l’arrivée des premiers paniers de fraises signifiait pour moi la fin imminente des classes et l’ouverture des piscines. Et lorsque le maïs arrivait, c’était déjà le temps de se préparer pour la rentrée et de m’acheter de nouveaux crayons. Peut-être encore plus que le nombre d’heures d’ensoleillement, les fruits et légumes rythment nos vies et marquent les saisons. Et s’il y a un grand principe de cuisine éthique qui fait consensus, c’est bien celui-ci : manger des fruits et légumes locaux saisonniers. Consommer des produits de saison a quelque chose du sens commun, qu’on fait naturellement. L’été, on a envie de salades de petits fruits pour nous rafraîchir et nous énergiser alors qu’on sait qu’une casserole de légumes racines au mois de janvier va nous donner la chaleur et réconfort.

Critique du Grand livre de la cuisine végétarienne

Le grand livre de la cuisine végétarienne vient tout juste d’être publié conjointement par l’ITHQ et Les Éditions de l’Homme. Il s’agit d’un des premiers livres de cuisine végé à paraître au Québec. À voir la pile au Renaud-Bray, on s’attend à ce que ce soit un succès. Ce ne serait pas surprenant compte tenu de l’engouement récent autour de la question, après le véganisme de Georges Laraque et l’arrivée des lundis sans viande. Le grand livre de la cuisine végétarienne est-il la bible qu’on attendait en français?

Deux profs de l’ITHQ signent cet ouvrage, Igor Brotto et Olivier Guiriec. En quatrième de couverture, on présente Le grand livre comme « le livre de référence tant attendu par les végétariens assidus ou à temps partiel et tous ceux qui cherchent à varier leur alimentation. » Les auteurs ne sont pas végétariens mais sont conscients que notre alimentation doit se transformer, tant pour notre santé que pour l’environnement. Dans La Presse, Brotto disait : «En tant que chefs et formateurs, nous avons la responsabilité de trouver une philosophie responsable de tous les points de vue, tant éthiquement qu’écologiquement, afin de ne pas nourrir nos clients de n’importe quelle façon.».

Ce midi, je recevais une douzaine d’amis pour partager avec moi mon brunch d’anniversaire. L’occasion était parfaite pour tester quelques recettes de Vegan Brunch de Isa Chandra Moskowitz, la Julia Child végan, auteur du célèbre Veganomicon. Émilie m’a prêté ce livre il y a un bon moment et je ne suis toujours pas capable de le lui rendre. J’ai littéralement envie de tout essayer, des omelettes au tofu aux crêpes en passant par les muffins, les pains, les sauces et les smoothies.

J’ai préparé les muffins au citron-pavot qui ont été un vrai succès. J’ai suivi la recette à la lettre mais elle serait sans doute encore meilleure si on utilisait de la farine d’épeautre au lieu de la farine blanche et du nectar d’agave plutôt que le sucre raffiné. J’ai aussi fait du tofu brouillé accompagné de pommes de terres grillées de « bacon » de tempeh (la recette est similaire à celle-ci). Quelques ovivores(!) ont trouvé le tofu brouillé un peu caoutchouteux, mais les consommateurs de caoutchouc et les autres invités ont bien aimé. Le bacon de tempeh en a surpris quelques uns, mais on en a aussi redemandé. Pour les habitués des brunchs végans, ça ressemblait beaucoup ce qu’on nous sert Aux Vivres. Ensuite, Martin (qui s’est aussi tapé toute la vaisselle – c’est mon anniversaire après tout), nous a fait des gaufres Chelsea à l’ancienne . Elles sont délicieuses lorsqu’elles viennent d’être cuites, mais deviennent rapidement assez dures. Ianik a proposé qu’on les recycle en crampons pour les bottes d’hiver. Heureusement, une divine crème de cachous à l’érable les accompagnait et parvenait à les ramollir (un peu).

Fish and chips sans fish et sans chips.

On a du mal à s’imaginer une gang de gars allant souper Aux Vivres après leur game de hockey. La cuisine végétarienne a tendance à être une affaire de filles – pour chaque végétarien, il y aurait deux végétariennes. Reste que plusieurs gars, sans être complètement végétariens, décident de réduire leur consommation de viande et de produits d’origine animale. En attendant que la Cage aux sports offre des végéburgers et à quelques semaines des séries de la Coupe Stanley, j’ai essayé de voir ce que pouvait être de la bouffe de gars végétalienne.

Mon meilleur souvenir de bouffe de gars, c’est à Londres, avec Michel. Un samedi après-midi, on est dans un pub qui a des apparences de wagon de métro à l’heure de pointe. On assiste à un match de foot (ne me demandez pas qui jouait!). Évidemment, on commande un fish and chips. Mon premier – et dernier – à vie. Un plat qui n’a en apparence rien pour me plaire – un poisson sans nom entouré de panure, puis fruit, et accompagné de frites pour faire équilibré. J’avais pourtant adoré, et quelques années plus tard, j’en garde toujours un souvenir assez heureux.

Pour ma première tentative de bouffe de gars végan, j’ai essayé de reproduire le fish and chips londonien. Sans poisson et sans friture.