Pourquoi s’intéresser aux animaux ?

Pourquoi s’intéresser aux animaux alors que la souffrance humaine est omniprésente ? Tous les militants ont déjà eu à répondre à cette question. Il y a quelques jours, mon amie Valéry y est allée de son témoignage dans une discussion sur Facebook. Elle m’a permis de le reprendre ici :

Mon petit témoignage personnel: au moment de choisir la discipline dans laquelle m’inscrire pour mes études universitaires, j’ai décidé d’entreprendre des études en droit. À l’époque, j’étais un membre actif d’Amnistie Internationale et j’avais l’impression qu’il pourrait être utile de devenir avocate pour continuer à travailler pour la défense des droits humains. Après une année d’études en droit, je me suis rendu compte que plusieurs étudiants bien plus compétents que moi avaient le même plan en tête. Ils voulaient rendre le monde meilleur pour tous les êtres humains. C’est là que j’ai compris que si tant de gens s’intéressaient à la justice humaine, à peu près personne ne se souciait de nos obligations de justice à l’endroit des autres animaux sensibles. Les êtres nonhumains étaient complètement ignorés et il est alors devenu pour moi évident que je pourrais faire beaucoup plus en consacrant mon temps et mon énergie à leur sort plutôt qu’à n’importe quelle autre cause sociale. À mon avis, la question animale est une des plus pressantes non seulement en raison de toutes les horreurs que vivent les animaux aujourd’hui ou encore parce que ces derniers sont victimes de profondes injustices, mais parce que la plupart des gens sont encore à ce jour largement indifférents à l’égard de ce qui leur arrive.

Bien sûr, il y a une division légitime du travail moral. Certains s’intéressent à la cause des femmes, d’autres à celle des personnes malades, etc. Ce que ces gens ont en commun, c’est de vouloir plus de justice. On ne peut évidemment tout faire. Mais ce que l’on peut faire, c’est d' »appuyer » toutes ces causes au moins en ne se comportant pas de manière à agir à l’encontre de leurs objectifs respectifs. On peut défendre les droits des chômeurs ou ceux des personnes atteintes du cancer, sans être sexistes dans notre activisme. On peut aussi défendre les droits humains sans bafouer ceux des autres animaux en adoptant un mode de vie végane. Il ne s’agit pas alors de consacrer toute sa vie à la cause animale. Certains parmi nous peuvent et doivent le faire, comme d’autres peuvent et doivent se consacrer aux autres causes sociale. Mais pour les autres, il suffit de choisir le lait de soja plutôt que le lait de vache, par exemple.

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