Si j’ai découvert l’éthique animale, c’est un peu la faute de Martin Gibert. On était en 2009 et il enseignait l’introduction à l’éthique à l’Université de Montréal. J’avais reçu sa commande de livres au bureau, commande dans laquelle se trouvait l’Éthique animale de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer. J’attendais un ami dans un café, j’ai commencé à feuilleter le bouquin… et on connait la suite. C’est aujourd’hui à son tour de publier sur la question. Martin vient tout juste de faire paraitre Voir son steak comme un animal mort: véganisme et psychologie morale chez Lux et je me suis permis de lui poser quelques questions.

Depuis de nombreuses années, nous choisissons les aliments que nous consommons en nous basant sur leur apport en calories, en matières grasses, en fibres, en vitamines et en minéraux. Cependant, compte tenu des préoccupations croissantes quant à l’approvisionnement en eau douce, à la perte de la biodiversité et aux changements climatiques, il est temps de nous détourner des aliments d’origine animale pour adopter une alimentation à base de végétaux.

Renan Larue est agrégé et docteur en lettres modernes. Récipiendaire de la bourse Banting, il est chercheur postdoctoral à l’université de Montréal où il enseigne la littérature française. Il est l’auteur du Végétarisme des Lumières (Garnier, à paraître) et d’une anthologie intitulée Les pensées végétariennes de Voltaire (Fayard/Mille et une nuits, 2014). Il vient de faire paraitre Le végétarisme et ses ennemis aux Presses universitaires de France et a généreusement accepté de nous accorder une entrevue.

Conférence et discussion

Avec Christiane Bailey, étudiante au Doctorat en philosophie, Université de Montréal
et Élise Desaulniers, auteure.

Le samedi 7 février, de 10h à 12h15, UQAM (A-2405, pavillon Hubert-Aquin).
Dans le cadre de Philopolis. Entrée libre.

Le mouvement pour la protection des animaux est largement composé de femmes, mais les liens entre féminisme et libération animale ainsi qu’entre patriarcat et suprématie humaine sont encore méconnus.

« J’ai été végétarienne pendant trois ans pour des raisons de mieux-être, d’éthique et d’environnement. Puis, quand j’ai vu ma santé décliner, j’ai opté pour une alimentation paléo. »

Dans le dernier numéro du magazine Véro, page 118, on propose un débat pour ou contre le végétarisme. La page est divisée en deux colonnes. Dans le camp gauche, j’explique pourquoi j’encourage l’élimination des protéines animales de notre alimentation. À droite, Aglaée Jacob, qui détient un bac et une maîtrise en nutrition, défend le point de vue contraire à partir de sa propre expérience. Comme je n’ai pas eu l’occasion de lire ses arguments avant de présenter ma position, je vais profiter de ce billet pour lui répondre.

par Marie-Noël Gingras-Perron 

Chaque jour de la semaine et ce, jusqu’au 5 octobre, 30 camions nous attendent aux quatre coins de la ville pour nous faire découvrir leur cuisine de rue.

Je me suis intéressé aux options végétaliennes que ces food trucks proposent… s’ils en proposent ! Voici un petit compte rendu de mes découvertes.

Une visite chez Sata Sushi

J’aime les sushis. Mais genre, vraiment beaucoup. Abandonner le fromage ? C’est rien comparativement au thon et au saumon. J’ai eu la chance de visiter le Japon et fallait me tordre le bras pour m’amener manger ailleurs que dans les bars à sushis. En fait, je pense que je me rappelle avec précision chaque repas de sushi que j’ai pu manger dans ma vie.

par Isabelle Gélinas

Dès que j’ai aperçu le livre Courez mieux courez végé, j’ai voulu me le procurer. Adepte de la course à pied, je courais encore l’an dernier, mais une vilaine blessure m’a clouée au plancher pendant plus de six mois, et j’ai de la difficulté à m’y remettre sérieusement. Coïncidence, je suis devenue végétalienne quelques mois après ma blessure. Allier course et végétalisme dans un seul ouvrage m’est immédiatement apparu comme une bonne idée.

Frédéric Côté-Boudreau, doctorant en philosophie à l’Université Queen’s
Élise Desaulniers, auteure de Je mange avec ma tête : les conséquences de nos choix alimentaires (Stanké 2011) et Vache à lait, dix mythes de l’industrie laitière (Stanké 2013)

En ce 22 avril, on nous invite à fêter la terre « en changeant nos habitudes ». Dans sa campagne québécoise, le Jour de la terre présente des piñatas en forme d’animaux sauvages contenant non pas des bonbons, mais des déchets : canettes d’aluminium, bouchons de plastique, mégots de cigarettes ou morceaux de verre.

Plaidoyer pour la graphie épicène avec un « e »

Rédigé par un collectif de militantes et de militants véganes.

Le véganisme est de plus en plus populaire, mais la langue française tarde à adopter une graphie uniformisée pour référer à ceux et celles qui pratiquent ce mode de vie. Vegan? Végan? Végintégriste? Plusieurs refusent d’utiliser le terme végétalien, mot qui s’applique avant tout à la pratique alimentaire, alors que le véganisme est conçu comme le refus global de toute exploitation animale, que ce soit pour l’alimentation, le divertissement, l’habillement ou les tests de laboratoire. Il s’agit d’ailleurs du sens donné au mot anglais dès 1951 par The Vegan Society qui avaient eux-mêmes créé ce terme. Quel mot devrait-on utiliser en français?

C’est le restaurateur romain Alfredo di Lelio qui, en 1914, aurait inventé la sauce Alfredo en doublant la quantité de beurre des fettuccine al burro. Il espérait ainsi faire manger sa femme enceinte et prise de nausées. Très vite, les consommateurs se sont rués sur sont restaurant, mais c’est en Amérique que la sauce Alfredo est devenue un classique – et une sauce d’ailleurs. En Italie, le beurre et le fromage sont intégrés aux pâtes chaudes qui en absorbent la saveur. Ici, on préfère noyer ses fettucines à la louche.

La plupart de ceux à qui je parle de végétalisme comprennent assez rapidement les arguments (éthiques, écologiques ou de santé) et finissent par démontrer un intérêt à changer leur alimentation. Par contre, un tel changement radical peut faire peur et plusieurs personnes s’en sentent incapables. Comment on s’y prend pour faire la transition ? Est-ce que ça doit se faire du jour au lendemain ? Pas nécessairement.

Par Frédéric Côté-Boudreau
(une première version de cet article est parue en 2011)

(CRITIQUE DU NÉOCARNISME ORDINAIRE)

Les élevages à petite échelle et soucieux du bien-être animal sont-ils moralement acceptables? Dans son dernier livre, l’universitaire américain James McWilliams propose une histoire du temps présent et nous raconte un fait divers survenu au Vermont en 2012. Bill et Lou, les deux bœufs de trait – et les deux mascottes – d’une petite université pour environnementalistes adeptes de la « sustainability », allaient être servi à la cafet’. D’aucuns s’en soucièrent. Avec cette chronique d’une controverse agricole et cette critique du néocarnisme ordinaire,  McWilliams nous offre une plongée stimulante en éthique appliquée. Et un livre important.

On voit beaucoup de tableaux qui circulent illustrant la quantité de protéines dans les végétaux. Dans certains cas, les chiffres sont bons. Dans d’autres, ils sont faux. Le nutritionniste américain Jeff Novick a refait les calculs en se basant sur les dernières données de la USDA. Son article a suscité beaucoup d’enthousiasme sur le réseaux sociaux et je me permets d’en proposer une traduction. On peut télécharger un PDF complet ici.

Je serai avec Martin Gibert à Clermont-Ferrand lundi le 8 juillet pour animer une conférence-débat organisée par La Griffe. Je vous copie le communiqué :

Élise Desaulniers et Martin Gibert vivent à Montréal. La première est auteure de deux essais sur les questions éthiques liées à l’alimentation et elle est fréquemment invitée par les médias de son pays à commenter les questions relatives à l’éthique animales qui connaissent, outre-Atlantique, un intérêt grandissant.

C’est ce week-end à Montréal (les 15, 16 et 17 mars) et le suivant à Québec (23-24 mars) qu’aura lieu l’Expo manger santé. Plus de 25 000 visiteurs sont attendus : inutile de dire que c’est le plus gros événement santé au Québec. Cette année encore, des centaine d’exposants présenteront au public des aliments sains et des produits écolo. C’est l’occasion rêvée de goûter à plein de nouveaux produits et de discuter avec leurs fabricants. Et pour la troisième année consécutive, je serai présente à l’expo.

La poussière s’accumule sur mes comptoirs de cuisine, j’ai prêté des bols et des moules à des copines et je songe à utiliser mon four comme espace de rangement. C’est vrai que depuis quelques mois, je ne cuisine pratiquement pas. Je fais plutôt appel à des traiteurs comme Daniela, Mariève et Gaëlle qui me cuisinent  avec amour des petits plats végétaliens pendant que je réfléchis, écris, fais du yoga et flatte mes chats.

La diffusion du reportage La face cachée de la viande sur TVA dimanche dernier nous aura montré une chose : les agriculteurs du Québec sont branchés. Ils ont été des centaines à commenter sur Facebook et Twitter, pour la plupart outrés qu’on diffuse de tels mensonges à heure de grande écoute et qu’on omette de présenter « les deux côtés de la médaille ». On pouvait s’y attendre. N’importe quel groupe pointé du doigt aurait réagit de la sorte : un reportage sur la face cachée de l’éducation aurait amené des réactions de profs et un autre sur la face cachée de la coiffure aurait probablement lui aussi généré son lot de commentaires de la part de stylistes capillaires !

« Mais pourquoi devrait-on se soucier des bêtes qui ne se soucient pas de nous? Croyez-vous qu’un requin affamé ferait la différence entre un méchant carnivore et un gentil végétarien ? Moi, je crois bien qu’il n’hésiterait pas à nous manger… « . C’est vrai. Alors pourquoi devrait-on se soucier des animaux alors qu’eux ne se soucient pas de nous?

On ne mange pas seulement pour survivre. La cuisine fait partie de notre culture, de notre identité. Quand je décide de remplacer la tourtière par un pâté de millet et que je refuse de mettre du lard dans mes patates, suis-je en train de renier tout ce que mes ancêtres ont construit, ce qui me lie à ma nation ? Est-ce que priver ses enfants de dinde est aussi condamnable que de les éduquer en anglais sans jamais leur faire écouter Moi mes souliers ?
Vivre et laisser vivre. Je vous laisse manger votre tofu, fichez-moi la paix avec mon poulet. Est-ce que les carnivores se sont énervés quand McDo à commencé à vendre de la salade ? Alors pourquoi ne pourrait-on pas vendre du poulet chez Commensal ? Chacun ses croyances ! Chacun a droit à ses idées et à manger ce qu’il veut ! Faites dont preuve d’un peu de tolérance !

 

Quand j’étais petite, mon père me disait souvent « C’est pas parce que quelqu’un te demande de te jeter à l’eau qu’il faut le faire ».
C’est ce que j’aurais dit aux dirigeants du Commensal si on m’avait demandé mon avis sur l’introduction de poulet, de crabe et de crevettes dans leur menu.

Quelques mois après l’ouverture d’un Commensal & cie sur la Rive-Sud, le premier restaurant végétarien au Québec vient d’annoncer qu’il offrirait maintenant dans tous ses restaurants des présentoirs Commensal & cie, garnis de poulet du Québec, de crabe et de crevettes nordiques. Pourquoi? Parce que 65 % des clients auraient dit qu’ils en voulaient.

J’écris beaucoup moins ces temps-ci mais ce n’est pas que j’ai arrêté de me questionner sur les conséquences de nos choix alimentaires. Au contraire. D’ailleurs, commence ce mercredi à offrir mon premier « vrai » cours à vie dans le cadre de l’UPop, l’Université populaire de Montréal. Ce cours, « L’éthique dans l’assiette » est offerts sur cinq semaine, le mercredi soir à 19h, du 26 septembre au 24 octobre. Les rencontres auront au Bar Populaire dans la petite Italie (6584 St-Laurent). Et le plus génial dans tout ça, c’est gratuit et qu’il n’y a pas d’inscription nécessaire (en revanche, on peut boire de la bière en m’écoutant). À chaque séance, une heure de théorie, une heure de questions.