Conférence et discussion

Avec Christiane Bailey, étudiante au Doctorat en philosophie, Université de Montréal
et Élise Desaulniers, auteure.

Le samedi 7 février, de 10h à 12h15, UQAM (A-2780, pavillon Hubert-Aquin).
Dans le cadre de Philopolis. Entrée libre.

Le mouvement pour la protection des animaux est largement composé de femmes, mais les liens entre féminisme et libération animale ainsi qu’entre patriarcat et suprématie humaine sont encore méconnus.

« J’ai été végétarienne pendant trois ans pour des raisons de mieux-être, d’éthique et d’environnement. Puis, quand j’ai vu ma santé décliner, j’ai opté pour une alimentation paléo. »

Dans le dernier numéro du magazine Véro, page 118, on propose un débat pour ou contre le végétarisme. La page est divisée en deux colonnes. Dans le camp gauche, j’explique pourquoi j’encourage l’élimination des protéines animales de notre alimentation. À droite, Aglaée Jacob, qui détient un bac et une maîtrise en nutrition, défend le point de vue contraire à partir de sa propre expérience. Comme je n’ai pas eu l’occasion de lire ses arguments avant de présenter ma position, je vais profiter de ce billet pour lui répondre.

par Marie-Noël Gingras-Perron 

Chaque jour de la semaine et ce, jusqu’au 5 octobre, 30 camions nous attendent aux quatre coins de la ville pour nous faire découvrir leur cuisine de rue.

Je me suis intéressé aux options végétaliennes que ces food trucks proposent… s’ils en proposent ! Voici un petit compte rendu de mes découvertes.

Une visite chez Sata Sushi

J’aime les sushis. Mais genre, vraiment beaucoup. Abandonner le fromage ? C’est rien comparativement au thon et au saumon. J’ai eu la chance de visiter le Japon et fallait me tordre le bras pour m’amener manger ailleurs que dans les bars à sushis. En fait, je pense que je me rappelle avec précision chaque repas de sushi que j’ai pu manger dans ma vie.

Frédéric Côté-Boudreau, doctorant en philosophie à l’Université Queen’s
Élise Desaulniers, auteure de Je mange avec ma tête : les conséquences de nos choix alimentaires (Stanké 2011) et Vache à lait, dix mythes de l’industrie laitière (Stanké 2013)

En ce 22 avril, on nous invite à fêter la terre « en changeant nos habitudes ». Dans sa campagne québécoise, le Jour de la terre présente des piñatas en forme d’animaux sauvages contenant non pas des bonbons, mais des déchets : canettes d’aluminium, bouchons de plastique, mégots de cigarettes ou morceaux de verre.

Plaidoyer pour la graphie épicène avec un « e »

Rédigé par un collectif de militantes et de militants véganes.

Le véganisme est de plus en plus populaire, mais la langue française tarde à adopter une graphie uniformisée pour référer à ceux et celles qui pratiquent ce mode de vie. Vegan? Végan? Végintégriste? Plusieurs refusent d’utiliser le terme végétalien, mot qui s’applique avant tout à la pratique alimentaire, alors que le véganisme est conçu comme le refus global de toute exploitation animale, que ce soit pour l’alimentation, le divertissement, l’habillement ou les tests de laboratoire. Il s’agit d’ailleurs du sens donné au mot anglais dès 1951 par The Vegan Society qui avaient eux-mêmes créé ce terme. Quel mot devrait-on utiliser en français?

C’est le restaurateur romain Alfredo di Lelio qui, en 1914, aurait inventé la sauce Alfredo en doublant la quantité de beurre des fettuccine al burro. Il espérait ainsi faire manger sa femme enceinte et prise de nausées. Très vite, les consommateurs se sont rués sur sont restaurant, mais c’est en Amérique que la sauce Alfredo est devenue un classique – et une sauce d’ailleurs. En Italie, le beurre et le fromage sont intégrés aux pâtes chaudes qui en absorbent la saveur. Ici, on préfère noyer ses fettucines à la louche.

On voit beaucoup de tableaux qui circulent illustrant la quantité de protéines dans les végétaux. Dans certains cas, les chiffres sont bons. Dans d’autres, ils sont faux. Le nutritionniste américain Jeff Novick a refait les calculs en se basant sur les dernières données de la USDA. Son article a suscité beaucoup d’enthousiasme sur le réseaux sociaux et je me permets d’en proposer une traduction. On peut télécharger un PDF complet ici.

Je serai avec Martin Gibert à Clermont-Ferrand lundi le 8 juillet pour animer une conférence-débat organisée par La Griffe. Je vous copie le communiqué :

Élise Desaulniers et Martin Gibert vivent à Montréal. La première est auteure de deux essais sur les questions éthiques liées à l’alimentation et elle est fréquemment invitée par les médias de son pays à commenter les questions relatives à l’éthique animales qui connaissent, outre-Atlantique, un intérêt grandissant.

C’est ce week-end à Montréal (les 15, 16 et 17 mars) et le suivant à Québec (23-24 mars) qu’aura lieu l’Expo manger santé. Plus de 25 000 visiteurs sont attendus : inutile de dire que c’est le plus gros événement santé au Québec. Cette année encore, des centaine d’exposants présenteront au public des aliments sains et des produits écolo. C’est l’occasion rêvée de goûter à plein de nouveaux produits et de discuter avec leurs fabricants. Et pour la troisième année consécutive, je serai présente à l’expo.

La poussière s’accumule sur mes comptoirs de cuisine, j’ai prêté des bols et des moules à des copines et je songe à utiliser mon four comme espace de rangement. C’est vrai que depuis quelques mois, je ne cuisine pratiquement pas. Je fais plutôt appel à des traiteurs comme Daniela, Mariève et Gaëlle qui me cuisinent  avec amour des petits plats végétaliens pendant que je réfléchis, écris, fais du yoga et flatte mes chats.

La diffusion du reportage La face cachée de la viande sur TVA dimanche dernier nous aura montré une chose : les agriculteurs du Québec sont branchés. Ils ont été des centaines à commenter sur Facebook et Twitter, pour la plupart outrés qu’on diffuse de tels mensonges à heure de grande écoute et qu’on omette de présenter « les deux côtés de la médaille ». On pouvait s’y attendre. N’importe quel groupe pointé du doigt aurait réagit de la sorte : un reportage sur la face cachée de l’éducation aurait amené des réactions de profs et un autre sur la face cachée de la coiffure aurait probablement lui aussi généré son lot de commentaires de la part de stylistes capillaires !
On ne mange pas seulement pour survivre. La cuisine fait partie de notre culture, de notre identité. Quand je décide de remplacer la tourtière par un pâté de millet et que je refuse de mettre du lard dans mes patates, suis-je en train de renier tout ce que mes ancêtres ont construit, ce qui me lie à ma nation ? Est-ce que priver ses enfants de dinde est aussi condamnable que de les éduquer en anglais sans jamais leur faire écouter Moi mes souliers ?

Quand j’étais petite, mon père me disait souvent « C’est pas parce que quelqu’un te demande de te jeter à l’eau qu’il faut le faire ».
C’est ce que j’aurais dit aux dirigeants du Commensal si on m’avait demandé mon avis sur l’introduction de poulet, de crabe et de crevettes dans leur menu.

Quelques mois après l’ouverture d’un Commensal & cie sur la Rive-Sud, le premier restaurant végétarien au Québec vient d’annoncer qu’il offrirait maintenant dans tous ses restaurants des présentoirs Commensal & cie, garnis de poulet du Québec, de crabe et de crevettes nordiques. Pourquoi? Parce que 65 % des clients auraient dit qu’ils en voulaient.

J’écris beaucoup moins ces temps-ci mais ce n’est pas que j’ai arrêté de me questionner sur les conséquences de nos choix alimentaires. Au contraire. D’ailleurs, commence ce mercredi à offrir mon premier « vrai » cours à vie dans le cadre de l’UPop, l’Université populaire de Montréal. Ce cours, « L’éthique dans l’assiette » est offerts sur cinq semaine, le mercredi soir à 19h, du 26 septembre au 24 octobre. Les rencontres auront au Bar Populaire dans la petite Italie (6584 St-Laurent). Et le plus génial dans tout ça, c’est gratuit et qu’il n’y a pas d’inscription nécessaire (en revanche, on peut boire de la bière en m’écoutant). À chaque séance, une heure de théorie, une heure de questions.

Il y a quelques semaines, je parlais d’un nouveau poulet végétal produit à base d’ingrédients naturels qui ressemblait à s’y méprendre à la vraie chose. En vacances en Oregon, j’ai pu goûter à ce faux poulet produit par Beyond Meat.

Les végétariens vont se reconnaître dans mon expérience. Vous savez, quand vous mordez dans un sandwich et que le plaisir initial est vite remplacé par un « merde, c’est de la viande… » ? C’est ce qui m’est arrivé ce midi. J’ai dû regarder mon emballage 2 fois pour être bien certaine de ne pas m’être trompée. Même ‘à froid’, sans sauce, les morceaux de poulet goûtent… le poulet. La texture, le goût, le gras, tout y est. En revanche, pas de souffrance, pas de cholestérol, moins de CO2, que du bio. Que demander de plus ? En plus, il coûte le même prix que le « vrai » poulet.

Je suis folle de café. J’en bois à longueur de journée.

La semaine dernière, j’ai découvert le cappuccino glacé de Natura. Je croyais avoir trouvé le breuvage idéal pour finir l’été en beauté. Le hic, c’est que c’est plein de sucre. Si elle l’apprend, je sais bien que MariÈve ne manquera pas de me gronder. J’ai donc décidé de m’en faire. Le défi, c’est qu’il fallait trouver une façon pour qu’entre mon désir de café et la première gorgée, il s’écoule moins de 5 minutes. Ma solution ? Le pot Masson.

Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’éthique animale il y a quatre ou cinq ans, rares étaient les sources d’information en Français. À part le premier livre de Jean-Baptiste et quelques textes de militants, rien. Puis il y a eu la « conversion » de Georges Laraque, la version française de Earthlings et l’arrivée les Lundis sans viande au Québec. Du coup, les médias ont commencé à aborder la question. On a eu droit à quelques excellents reportages dont celui de Richard Martineau aux Francs Tireurs. Est ensuite venue la traduction française de Eating Animalset j’ai l’impression que tout a déboulé. On parles du traitement qu’on fait des animaux, on se questionne sur notre rapport avec eux, c’est énorme. Plus on en parle, plus on sait, plus il est difficile d’ignorer ce qui se passe derrière les portes closes des élevages quand vient le temps de faire notre marché.

Je vous en parlais il y a quelques semaines, le New York Times a demandé à ses lecteurs de dire en quelques centaines de mots pourquoi il est éthique de manger de la viande ».

Un jury composé de Peter Singer, Michael Pollan, Jonathan Safran Foer, Mark Bittman et Andrew Light a sélectionné six textes. Les lecteurs ont choisi celui d’Ingrid Newkirk, une des fondatrice de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) qui défendait l’idée selon laquelle seule la viande in vitro pouvait être consommée éthiquement (les textes étaient jugés anonymement). Quant au texte sélectionné par le jury, il n’aura séduit que 14% des lecteurs. Son auteur, Jay Boost, est agro-écologiste et enseigne dans un collège de Caroline du Nord.

Le New York Times organisait le mois dernier un concours dans lequel on invitait les lecteurs à soumettre de courts textes qui donnait des raisons éthiques de consommer de la viande. Initiative des plus intéressantes : au lieu de demander aux végés de justifier leurs positions, on déplace le fardeau de la preuve chez les carnivores.

Le jury composé de Peter Singer, Michael Pollan, Jonathan Safran Foer, Mark Bittman et Andrew Light a choisi six textes finalistes. On invite maintenant les lecteurs à voter pour leurs textes préférés avant le 24 avril.

Qu’on milite pour le gel des droits de scolarité, contre les gaz de schiste ou pour la fin de l’exploitation des animaux, on est tous dans le même bateau : on veut influencer, changer le monde. On parle, on écrit, on manifeste, on rencontre. On fait surtout de son mieux, bien souvent sans savoir si la stratégie qu’on adopte portera fruit. C’est peut-être l’intention qui compte, mais on ne milite pas pour passer le temps, les résultats devraient nous importer aussi. Comment militer efficacement? En fondant nos actions sur les expériences des autres groupes et surtout, sur la psychologie.