L’industrie porcine prise en grippe

Bacon, le film, réalisé en 2001 par Hugo Latulipe vient d’être mis en ligne par l’ONF.

On n’y aborde pas directement la question des choix alimentaires mais le documentaire reste pertinent par le portrait qu’il dresse de l’industrie porcine au Québec et surtout, de ses externalités négatives, tout particulièrement au niveau de l’environnement. Les citations de Bernard Paquette, propriétaire de méga porcheries sont notamment assez savoureuses : « nous autres, on est des shops à viande. Il faut que tu prennes les moyens pour que ça coûte moins cher que ton voisin. » Le documentaire aborde peu la question animale, mais lorsqu’on demande à Bernard Paquette pourquoi les cochonnes n’ont pas de litière (et vivent directement sur le métal) monsieur Paquette explique simplement que chaque litière vaut 4$ et que si les cochons font de l’exercice en bougeant et en jouant dans leur litière, ils vont manger plus de moulée. Et pour les amateurs de sensations fortes, on voit aussi des castrations et des queues coupées à froid et même une scène relativement cochonne : une insémination artificielle.

Rappelons simplement que des comités d’experts ont conclu que les truies devaient être gardées en groupes. Suite à ces conclusions, l’Europe interdira le confinement et obligera à ce qu’on fournisse de la paille aux cochons à compter de 2012. Alors qu’on parle d’une industrie maintenue artificiellement en vie au Québec alors que les coûts de production dépassent le prix de vente, on peut douter que les conditions de vie des 7,7 millions de porcs soient bientôt améliorées. A-t-on vraiment besoin d’une industrie déficitaire, polluante et souffrante de la sorte au Québec ?

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