Le déontologisme et les droits des animaux

Entre deux chapitres de ma thèse en philo – qui n’a rien à voir avec l’éthique animale – j‘essaie de faire mon intéressant sur ce blog. Après un apéritif sur le sophisme naturaliste et une entrée sur la première des trois théories morales, l’éthique de la vertu, j’attaque aujourd’hui le plat de résistance avec la seconde, le déontologisme. Désolé, si ce billet est un peu long mais je crois qu’il reste plus digeste que les 3h de cours que j’inflige régulièrement sur le même sujet à mes étudiants de l’Université de Montréal. Je garde la troisième approche, le conséquentialisme pour le dessert (c’est la théorie de Peter Singer, le chouchou d’Élise).

Le cochon et le tire-bouchon

Quelle est la différence entre un cochon et un tire-bouchon? Aucune : ce sont tous les deux des choses. Et qu’est-ce qu’une chose? C’est ce dont on peut user et abuser à loisir, ce qu’on peut utiliser comme un moyen. Par exemple, pour ouvrir une bouteille de rouge. Or, un moyen n’est jamais respectable en lui-même (en revanche, la fin qu’il sert l’est parfois). C’est pourquoi les choses ne méritent pas d’être respectées, elles n’ont pas de dignité morale ; et c’est pourquoi elles n’ont aucun droit.  Ça ne veut pas dire qu’on peut faire n’importe quoi avec les choses : je n’ai pas le droit de voler un tire-bouchon ou de le planter dans la tête d’un cochon ; mais c’est parce que je bafoue alors les droits du propriétaire du tire-bouchon ou du cochon.