Prêcher dans le dessert

Les pâtisseries « sans » du Petit Fourneau

J’ai toujours rêvé d’une maison qui prendrait des airs de celle en bonbons qu’on découvre dans Hansel et Gretel et je n’ai jamais compris pourquoi il fallait se taper tout le salé avant le dessert. Je crois bien que je n’aurais aucun problème à me nourrir que de pâtisseries. En autant qu’elles soient bonnes !

Or, si on trouve des dizaines d’excellents chefs sur l’île, les bons pâtissiers se font  plus rares. On a évidemment quelques stars – Mathilde Singer en parlait récemment dans Voirmais je vous mets au défi de dénicher dans le commerce un dessert un peu original et pas trop industriel tout en évitant les Pains dorés de ce monde. Et si on cherche des gâteries sans lait, crème, beurre ou oeufs ? On a quelques options chez Crudessence ou aux Vivres. Et c’est à peu près tout. Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’à ce que je découvre les pâtisseries du Petit Fourneau.

Pour tout dire, c’est plutôt Le Petit Fourneau qui m’a découverte et m’a proposé de goûter à quelques unes des créations du chef pâtissier Yves Jacot. Formé en pâtisserie-chocolaterie-glacerie, il prône depuis le début de sa carrière l’utilisation d’aliments naturels et non transformés. Lorsque sa conjointe naturopathe l’informe du fait que de plus en plus de personnes souffrent d’intolérances alimentaires, Yves Jacot commence à développer des produits sans gluten, sucre, oeuf ou produits laitiers. Son intention n’est pas de produire des desserts végans, mais à notre plus grand plaisir, plusieurs le sont (et sont bien étiquettés).

Mettre de côté les valeurs sûres et établies de la pâtisserie a permis à Yves Jacot d’expérimenter avec des produits peu orthodoxes comme le lait de riz, le lait de coco, la farine de quinoa, la farine  de maïs et les graines de lin. Le résultat est fascinant. Les pâtisseries que nous propose Le Petit Fourneau sont délicates, avec juste ce qu’il faut de décadence ainsi que des textures et des goûts uniques.

J’ai particulièrement aimé l’Occitan, un gâteau sans gluten ni produit laitier :  une génoise blanche aux amandes, mousse à la lavande et éclats de framboise. J’ai également apprécié Le Surprenant : génoise, mousse et glaçage au chocolat, sans œuf, sans sucre, sans gluten ni produit laitier. Bref, après quelques bouchées des pâtisseries d’Yves Jacot, on comprend qu’on a la chance d’avoir près de chez nous un excellent chef et qu’il y a un monde à découvrir lorsqu’on s’éloigne des valeurs sûres en pâtisserie que sont les œufs, le sucre et la farine. Et le plus important, c’est qu’on oublie vite l’aspect « santé » de ces pâtisseries pour se concentrer sur l’éphémère plaisir de ces saveurs dans la bouche. On peut reprocher à Yves Jacot de ne pas utiliser de produits biologiques – une question de coûts, m’a-t-on expliqué – mais au moins, tout est naturel. Et accessible : les parts individuelles sont autour de 4$ et les gâteaux pour 6-7 personnes entre 25 et 30$.

Le Petit fourneau fait aussi d’excellents biscottis, offre des viennoiseries, des chocolats et finalise présentement ses bûches de Noël. À suivre !

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Le Petit Fourneau
828, rue Rachel Est, Montréal
514-521-0387
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