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Morceaux choisis

Anthologie d’éthique animale: apologies des bêtes

Si tu obstines à soutenir [que la nature] t’a fait pour manger la chair des animaux, égorge-les donc toi-même; je dis te tes propres mains, sans te servir de coutelas, de massue ou de hache. Fais comme les loups, les ours et les lions, qui tuent les animaux dont ils se nourrissent.

Ces mots n’ont pas été écrits par un quelconque activiste d’une société protectrice des animaux ni un défenseur zélé du végétalisme, mais bien par Plutarque, il y a 2000 ans.

La première chose qui frappe en parcourant l’Anthologie d’éthique animale: apologies des bêtes compilée et présentée par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer c’est d’abord qu’on n’a franchement rien inventé depuis l’Antiquité grecque.

Cette anthologie regroupe des extraits de textes de 180 auteurs, de Pythagore (6e siècle av. J-C.) à nos contemporains (les six derniers textes du recueil sont des inédits écrits en 2011). L’une de ses particularités est de présenter de courts extraits de ces œuvres, mis en contextes par un court paragraphe introductif, ce qui permet à la fois une lecture aisée (la plupart des textes font deux pages) et invite à approfondir la recherche. D’autre part, elle compte plusieurs traductions de textes quasi inaccessibles et de nombreux textes inédits.

D’ailleurs, l’auteur mentionne dans son introduction (p.9) que le premier objectif de son anthologie est "de faire découvrir. (…) Priorité a donc été donnée aux textes négligés, méconnus, en particulier des XVIIe-XIXe siècles."

Un deuxième élément qui m’a particulièrement intéressé à la lecture de cet ouvrage est qu’il y est question, bien entendu d’éthique animale – c’est-à-dire "au sens d’éthique des hommes à l’égard des animaux" (introduction, p.5) – mais aussi fondamentalement de notre propre humanité, de notre définition comme "animal humain." Il est à cet égard significatif de constater que les premières sociétés de protections des animaux dans le monde anglo-saxons s’appelaient "humane societies" – dans un sens emprunté au français, humain, humanitaire, qui fait preuve d’empathie et de compassion pour la souffrance des autres, y compris des animaux. Se balader dans ces 180 textes est donc aussi une invitation à réfléchir à notre propre place dans la nature mais aussi à notre propre rôle moral, ce qui dépasse l’éthique animale. Cela implique bien sûr le traitement infligé à un animal en particulier (égards envers sa souffrance, le "welfarisme") mais aussi de notre place et de nos responsabilités dans l’ensemble de l’écosystème. De nombreux textes anciens sont d’une étonnante actualité en ce qu’ils démontrent que le traitement affligeant que nous faisons subir aux animaux et à la nature en général n’est pas digne d’une humanité qui se dit civilisée.

Un troisième volet qui interpelle le lecteur néophyte que je suis en la matière est une conséquence de ce deuxième élément: le rôle et la responsabilité que nous avons comme "animal humain" envers les autres animaux. Depuis Darwin (dont on retrouve dans cette anthologie, incidemment, une discussion sur la souffrance animale), nous savons le lien de parenté qui nous unit à l’ensemble du règne animal. Mais la pensée humaniste occidentale, héritée du judéo-christianisme, entre autres, fait en sorte que nous considérons, humains, avoir un statut différent, unique voire privilégié par rapport aux "autres" animaux. J’ai ainsi appris que je suis "spéciste." Spéciste, comme on peut être sexiste ou raciste, c’est-à-dire adopter une attitude différente et moralement condamnable envers les autres espèces comme on le fait envers les femmes ou un groupe ethnique différent du notre. Depuis longtemps, les philosophes ont cherché le "propre de l’homme": est-ce sa capacité à rire, à raisonner, à communiquer ou à créer? Peu importe, soutiennent de nombreux auteurs de cette anthologie: "La question n’est pas ‘Peuvent-ils raisonner?,’ ni ‘Peuvent-ils parler?,’ mais ‘Peuvent-ils souffrir?'" (Bentham, en 1789 – cité p.109) Mais, prétendent encore nombre de ces auteurs, il n’y a pas deux poids, deux mesures éthiques, à la souffrance: je n’ai, moralement, aucune base me permettant de prétendre que la souffrance humaine est pire que la souffrance animale.

Ces quelques remarques n’épuisent pas la richesse de cet ouvrage, qui offre des pistes de réflexions multiples et, à ce que je puis en comprendre, un panorama diversifié des diverses écoles de pensées en la matière. Les textes de la troisième section (période contemporaine) sont notamment passionnants en ce qu’ils offrent des points de vues critiques et étoffés (quoique très accessibles) démontrant qu’il n’y a pas, loin s’en faut, une pensée monolithique de la question. J’ajouterais qu’il est également particulièrement passionnant d’y lire également des auteurs qui ne sont pas des philosophes et penseurs spécialisés dans ces questions (on retrouve, par exemple, des extraits de Kundera, Houellebecq ou encore de Lévi-Strauss qui prend prétexte de la crise de la "vache folle" pour analyser notre rapport à l’alimentation carnée et ses liens avec le cannibalisme).
Devant cette foisonnante récolte de points de vue, le seul reproche que j’ai envers cette anthologie est l’absence de mise en perspective ou de guide de lecture. Présentés en ordre chronologique, les divers extraits traitent donc tour à tour des divers aspects de l’éthique animale; le lecteur doit fournir, à terme, l’effort de mettre de l’ordre dans ces idées. Mais cette introduction, ce guide, existe: l’auteur de l’anthologie publie simultanément aux PUF un "Que sais-je?" sur le sujet qui offre les pistes de lecture et d’interprétation absents de l’anthologie.
Cette réserve mise de côté, cette Anthologie d’éthique animale est un pur régal pour l’esprit, une invitation à la réflexion et à la discussion et, surtout, une occasion unique (notamment pour le lecteur francophone et néophyte) à penser notre place dans le règne animal.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Anthologie d’éthique animale: apologies des bêtes, Paris: Presses universitaires de France, 2011, xiii+408 pp. 49,95$

Ianik Marcil est économiste, spécialisé en innovation, transformations sociales et justice économique. Il s’intéresse notamment à la violence économique et technologique et aux liens qu’entretiennent les arts, la technologie et l’économie.ianikmarcil.com

Photo : Rob MacInnis

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Aguerrie mangeuse de chair

Je n’avais jamais entendu parler de Marcela Iacub avant de regarder un débat autour de notre rapport aux animaux diffusé sur la télé française. Entre les sophismes et autres réflexions douteuses (« j’adore les animaux, notamment dans une cocotte »), les propos de Marcela Iacub détonnaient. La jeune juriste m’a impressionnée par sa sensibilité, la précision de sa pensée et son humour. J’avais donc hâte de mettre la main sur son dernier essai, Confessions d’une mangeuse de viande.

Il faut savoir qu’en France, la parution de Faut-il manger les animaux? a lancé une polémique sur la consommation de viande. Les magazines ont tous eu leur numéro spécial sur la question et les philosophes et autres sociologues (qui n’en ratent jamais une) se sont succédé à la radio et à la télé pour ajouter leur voix au débat. On a pu constater que rares sont nos cousins d’outre Atlantique qui se s’étaient donnés la peine de lire sur l’éthique animale et dont les arguments étaient solides. Marcela Iacub sortait du lot.

Il est nécessaire de manger de la viande.

Née en Argentine, Marcela Iacub a été une carnivore passionnée pendant des années. « J’ai passé l’essentiel de ma vie à manger de la viande. Hormis le sommeil, aucune autre activité ne m’a pris tant de temps. ». Elle avait la certitude qu’il était nécessaire de manger de la viande. Qu’être carnivore la définissait comme humaine. Comme bien des Occidentaux, Marcela Iacub a grandi avec l’idée qu’il n’y a rien de plus grand et de plus absolu que l’homme, une idée fondée sur la supériorité de l’esprit humain. Pour les humanistes, comme l’explique la juriste, le traçage des frontières entre les animaux que nous mangeons et nous est un acte politique, qui signifie que nous sommes un seul et même groupe ayant  des intérêts et des projets communs.

À quelques reprises, Marcela Iacub s’est pourtant attachée à des animaux. À une carpe dans un restaurant chinois. À une dinde engraissée pour Noël. Mais il était inconcevable pour elle que la relation créée avec ces animaux influence ce qu’elle allait mettre dans son assiette : « Lorsque cette idée venait troubler mes plaisirs gastronomiques, je préférais cesser d’y penser. » Pour manger de la viande, on doit oublier la mort qu’on donne aux animaux, oublier la vie détruite. Bref, « il faut faire comme si on ne savait rien. » Tant qu’on ne voit pas.

Mademoiselle L. et Junior

C’est l’arrivée d’une chienne dans sa vie, Mademoiselle L., qui l’a forcée à ouvrir les yeux et à remettre en question la suprématie de l’homme sur les bêtes.  Après l’anxiété des premiers mois, Marcela Iacub a compris qu’il n’y avait pas de hiérarchie entre Mademoiselle L. et elle, que toutes deux étaient simplement différentes. Et surtout, que les chiens questionnaient aussi notre humanité : « si l’on est pas prêt à risquer son "humanité" avec un chien, c’est à dire la frontière politique qui nous divise en deux castes, il ne vaut même pas la peine de caresser l’idée d’en adopter un.» Sauf qu’on ne peut pas chercher à transformer le statut des animaux de compagnie en négligeant ceux qui finiront leur vie à l’abattoir.

La chienne de Marcela Iacub venait de la mettre dans une situation embarrassante. Mais c’est une histoire de poney qui va tout chambarder. En 2005, la Fondation Brigitte Bardot a dénoncé Gérard X pour avoir pratiqué des « sévices de nature sexuelle » contre Junior, un poney. Gérard X a reconnu avoir pénétré Junior avec son pénis, mais selon lui, cet acte ne pouvait être considéré comme un mauvais traitement à cause de la conformation anatomique de l’animal (un poney n’est pas une poule). Le tribunal ne l’entendit pas ainsi et condamna Gérard X à un an de prison et à être séparé de Junior. Le jugement, confirmé par les tribunaux d’appel, choqua la juriste: « donner du plaisir sexuel à un animal (…) est devenu une forme de maltraitance particulièrement grave, la plus grave de toutes ». Un acte sexuel non violent avec un animal domestique est jugé au même titre que les « sévices graves » et les « actes de cruauté », dans un pays où la corrida, les combats de coqs et le gavage des oies sont légaux. Mais le pire, c’est que Gérard X. aurait pu tuer Junior et le manger sans encourir aucune peine. « Dès lors, dans notre droit, on peut jouir de la mort d’un animal mais pas de sa vie. »

Tuer, c’est enlever la vie

Comment se fait-il que la justice d’un pays démocratique comme la France en soit arrivée à prendre une décision aussi contre-intuitive ? La justice reconnaît les animaux comme des êtres sensibles sans leur reconnaître le droit à la vie. Pourtant, « pour un être sensible, le plus élémentaire n’est pas de ressentir le moins de douleur possible mais de continuer à sentir et donc de continuer à vivre ».  Alors que le droit  à la vie des hommes est garanti par les tribunaux, il ne l’est pas pour les animaux. Sur quel critère ? L’intelligence ?  Est-ce convainquant ? Non. Mais ce n’est pas suffisant pour convertir Marcela Iacub au végétarisme.

C’est plutôt en lisant Manger de la chair du philosophe grec Plutarque que le déclic se fait. Dans ce texte saisissant, on explique le végétarisme de Pythagore par le contre-exemple, en décrivant par une fable le courage dont ont fait preuve les premiers hommes qui ont mordu dans la chair : « Comment purent ses yeux souffrir de voir un tel meurtres ? De voir tuer, écorcher, démembrer une pauvre bête ? Comment est-ce que son goût ne fut pas dégouté par horreur quand il vint à manier l’ordure des blessures, quand il vint à recevoir le sang et le jus des plaies mortelles d’autrui ? (…) Mais ceci certainement fut un souper étrange et monstrueux, avoir faim de manger des bêtes qui mugissent encore, enseigner à se nourrir des animaux qui vivaient encore (…) ». Le texte montre que ce premier homme a dû aller à l’encontre de sa propre moralité et de sa sensibilité en tuant pour manger.

Entre ce premier homme et nous s’est installée l’habitude. Il est aujourd’hui normal de manger de la viande. Se sont aussi installées des portes closes qui nous tiennent loin de la mort des animaux que nous mangeons. On sait vaguement comment les animaux sont mis à mort, mais on ne les voit pas mourir. Savoir ne suffit pas à imaginer les choses telles qu’elles sont réellement. Mais le mot encore dans le texte de Plutarque change tout. Il nous permet de voir les séquences temporelles qui séparent l’animal de la viande, ce que l’industrie tente de nous cacher. Il transforme le savoir en voir, et comme le réalise Marcela Iacub, nous ramène à la mise à mort de l’animal. « Cette bête qui crie dans votre assiette, pour qu’elle soit là où elle est, il a fallu lui ôter la vie. ».

C’est ce droit inaliénable à la vie que défend Marcela Iacub. En prenant conscience que les animaux qu’elle mange sont des animaux qu’on a tués, elle comprend qu’ « ôter la vie est quelque chose de trop grave pour d’autres raisons bien plus fondamentales que ces plaisirs que nous pourrions tirer du fait de les garder en vie ». La vie qui est anéantie pour en faire de la viande n’est plus une abstraction mais un être capable de goût, de douleur, de plaisir. « Tuer, c’est enlever la vie à quelqu’un qui ne veut pas mourir. » Le plaisir de manger des animaux en cocotte ne justifie pas la mise à mort.

* * *

Dans les Confessions comme dans ses essais précédents, Marcela Iacub part de faits divers pour élargir le sujet aux questions de société qui y sont liées, proposant ainsi de nouvelles façons d’envisager  la loi gérant les questions de mœurs. Mais ici, elle va plus loin, se mettant elle-même en scène et nous laissant être témoins de sa propre transformation. Comme on éprouve du plaisir à regarder une danseuse apprivoiser l’espace et le mouvement, observer le développement d’arguments chez une intellectuelle est aussi source de ravissement, voire d’inspiration. Ces Confessions séduiront donc ceux qui se plaisent devant les spectacles d’idées.

Marcela Iacub
Confessions d’une mangeuse de viande
Fayard 2011, 149 p.
24,95$

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L’éthique animale

Quel est le statut moral des animaux ? Les animaux ont-ils des droits ? A-t-on des devoirs envers eux ? L’exploitation des animaux est-elle justifiée ? À la liste des sujets qu’il ne faut pas aborder à table, il faudrait ajouter le statut des animaux à la religion et l’argent. Parce que poser ces questions, c’est ouvrir la porte à un vif débat, souvent polémique et dont on sort généralement frustré.

Le malaise autour de ces questions n’est probablement pas étranger à notre méconnaissance de l’éthique animale. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, auteur de L’éthique animale qui vient de paraître dans la prestigieuse collection Que sais-je ?, explique que la réflexion sur le statut moral des animaux est plus riche dans les pays anglophones, plus systématisée et surtout davantage prise au sérieux que chez les francophones. « Si l’éthique animale s’est moins développée dans la philosophie continentale c’est parce qu’elle a été et est encore freinée par l’humanisme, qui est par définition anthropocentriste. (…) Dans le monde anglophone, dominé plutôt par la tradition utilitariste (…) on peut donc travailler sur l’animal comme sur n’importe quel autre objet philosophique, sans se faire accuser de crime de lèse-humanité. »

Il n’est alors pas étonnant que des penseurs comme Tom Regan, Peter Singer et Gary Francione soient peu traduits, enseignés et connus ici comme en France ou que la traduction française de Eating animals du romancier Jonathan Safran Foer soulève tant de passions et de sophismes naturalistes.

Avec la récente publication du petit livre de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, les francophones vont pouvoir rattraper le train, voire le dépasser : à ce jour, L’éthique animale constitue la meilleure et la plus accessible introduction à ces questions qu’il m’a été donné de lire.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer est un jeune philosophe, juriste, politologue et photographe (!) français qui a la gueule pour jouer aux côtés de Romain Duris. Il a étudié et enseigné à Montréal pendant quelques années et est aujourd’hui maître de conférence en relations internationales au Département des War Studies du King’s College de Londres.

Contrairement à beaucoup d’ouvrages sur le sujet qui défendent une thèse, L’éthique animale n’est pas une réponse univoque ou la présentation de règles sur ce qu’il est « moral » de faire aux animaux. Jeangène Vilmer propose plutôt un panorama synthétique de ce qu’est l’éthique animale et des différents points de vue sur la question : antispécisme, welfarisme et abolitionnisme, théorie des droits des animaux, etc. Bien que ces notions soient complexes, l’auteur réussit à les rendre accessibles et on prend rapidement plaisir à jouer avec les idées présentées et à confronter nos propres intuitions à celles des philosophes.

Les néophytes prendront conscience avec ce livre que l’éthique animale est un domaine de recherche sérieux, riche et complexe, à mille lieux de l’image qu’on se fait des défenseurs des animaux qualifiés d’« extrémistes » à la Brigitte Bardot alors que les initiés y trouveront une base théorique solides pour appuyer leurs intuitions et débats. Pour quiconque s’intéresse et se questionne sur son rapport aux animaux, éleveur, militant végétarien, nutritionniste, propriétaire d’un chat ou simple foodie, la lecture de ce petit bouquin d’une centaine de pages me semble essentielle.

L’éthique animale
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Collection Que sais-je (PUF) 2011, 127 p.
Environ 17$

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Jonathan Safran Foer

Feeling Animals

Les arguments incarnés de Jonathan Safran Foer.

 

Je viens de terminer le dernier livre de Jonathan Safran Foer Faut-il manger des animaux? (Éditions de l’Olivier). Élise, qui en a déjà parlé dans sa version originale (Eating Animals) m’a demandé d’en dire quelques mots pour saluer la traduction française. Si j’ai accepté avec enthousiasme, c’est parce que je crois qu’il est hautement recommandable. C’est vraiment le genre de livre que j’ai envie d’offrir à mes amis.

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« Ça crie mais ça ne sent pas »

Le conséquentialisme et la souffrance inutile

Après l’éthique de la vertu et la cruauté, puis le déontologisme et le droit des animaux, je conclus cette série sur l’éthique animale avec le conséquentialisme. Des trois théories morales de bases, c’est sans doute celle-ci qui correspond le plus à l’esprit de ce blog.

Le chien de Malebranche et les couilles de Descartes

On raconte que, battant son chien, le philosophe Nicolas Malebranche aurait affirmé : « Ça crie mais ça ne sent pas ». Autrement dit, inutile de s’apitoyer : le chien ne souffrait pas. Mais quelle mouche avait donc piqué notre philosophe? Malebranche n’est peut-être pas un philosophe très connu (c’est un métaphysicien et théologien français du 17e siècle), mais il n’est évidemment pas connu pour avoir été particulièrement cruel – ou particulièrement con. Alors pourquoi cette affirmation incongrue?

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