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Forks over knives

Si on est ce qu’on mange, les américains décrits dans le documentaire Forks Over Knives qui prend l’affiche cette semaine à Montréal seraient de gros tas de déchets. Obèses, diabétiques, cancéreux et cardiaques, leur salut ne passerait pas par les diètes et les pilules qu’on essaie de leur vendre mais bien par une alimentation végétalienne fondée sur les aliments entiers. Forks Over Knives de Lee Fulkerson débarque chez nous au moment où les blockbusters de l’été envahissent les écrans. Avec un sujet à priori peu appétissant et un traitement qui rappelle la télé communautaire trifluvienne des années 90, son succès est loin d’être assuré. N’empêche que Forks Over Knives mérite qu’on y consacre un petit 90 minutes.

La trame de fond : deux médecins, le Dr Colin Campbell spécialisé en nutrition à l’Université Cornell et le  Dr Caldwell Esselstyn, ancien chirurgien cardiaque de Cleveland et qui ont tous deux étudié les rapports entre la nutrition et la maladie pendant toute leur carrière. En faisant le tour d’une série d’études cliniques réalisées partout dans le monde au 20e siècle, on réalise avec les deux médecins qu’Hypocrate avait bien raison lorsqu’il disait "Que ton aliment soit ta seule médecine !". Les gras animaux et les aliments transformés sont responsables d’une grande partie des cancers, des problèmes cardiaques et d’obésité et de diabète qui touchent un nombre croissant d’américains. La thèse du film tourne en fait autour du best seller The China Study du Dr Campbell publié en 2005 et qui a converti de nombreux américains aux vertus du véganisme, dont l’ex président américain Bill Clinton.

Malgré ses longueurs et la faiblesse de sa réalisation, Forks Over Knives est un film intelligent et captivant. Surtout, il remet  efficacement en question la certitude largement répandue qu’un grand verre de lait par jour est la clé d’une longue vie et que les grandes maladies sont des fatalités. Bien que ceux qui en ont le plus besoin risquent d’y préférer Fast Five, Forks Over Knives peut sauver des vies.

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L’éthique animale

Quel est le statut moral des animaux ? Les animaux ont-ils des droits ? A-t-on des devoirs envers eux ? L’exploitation des animaux est-elle justifiée ? À la liste des sujets qu’il ne faut pas aborder à table, il faudrait ajouter le statut des animaux à la religion et l’argent. Parce que poser ces questions, c’est ouvrir la porte à un vif débat, souvent polémique et dont on sort généralement frustré.

Le malaise autour de ces questions n’est probablement pas étranger à notre méconnaissance de l’éthique animale. Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, auteur de L’éthique animale qui vient de paraître dans la prestigieuse collection Que sais-je ?, explique que la réflexion sur le statut moral des animaux est plus riche dans les pays anglophones, plus systématisée et surtout davantage prise au sérieux que chez les francophones. « Si l’éthique animale s’est moins développée dans la philosophie continentale c’est parce qu’elle a été et est encore freinée par l’humanisme, qui est par définition anthropocentriste. (…) Dans le monde anglophone, dominé plutôt par la tradition utilitariste (…) on peut donc travailler sur l’animal comme sur n’importe quel autre objet philosophique, sans se faire accuser de crime de lèse-humanité. »

Il n’est alors pas étonnant que des penseurs comme Tom Regan, Peter Singer et Gary Francione soient peu traduits, enseignés et connus ici comme en France ou que la traduction française de Eating animals du romancier Jonathan Safran Foer soulève tant de passions et de sophismes naturalistes.

Avec la récente publication du petit livre de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, les francophones vont pouvoir rattraper le train, voire le dépasser : à ce jour, L’éthique animale constitue la meilleure et la plus accessible introduction à ces questions qu’il m’a été donné de lire.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer est un jeune philosophe, juriste, politologue et photographe (!) français qui a la gueule pour jouer aux côtés de Romain Duris. Il a étudié et enseigné à Montréal pendant quelques années et est aujourd’hui maître de conférence en relations internationales au Département des War Studies du King’s College de Londres.

Contrairement à beaucoup d’ouvrages sur le sujet qui défendent une thèse, L’éthique animale n’est pas une réponse univoque ou la présentation de règles sur ce qu’il est « moral » de faire aux animaux. Jeangène Vilmer propose plutôt un panorama synthétique de ce qu’est l’éthique animale et des différents points de vue sur la question : antispécisme, welfarisme et abolitionnisme, théorie des droits des animaux, etc. Bien que ces notions soient complexes, l’auteur réussit à les rendre accessibles et on prend rapidement plaisir à jouer avec les idées présentées et à confronter nos propres intuitions à celles des philosophes.

Les néophytes prendront conscience avec ce livre que l’éthique animale est un domaine de recherche sérieux, riche et complexe, à mille lieux de l’image qu’on se fait des défenseurs des animaux qualifiés d’« extrémistes » à la Brigitte Bardot alors que les initiés y trouveront une base théorique solides pour appuyer leurs intuitions et débats. Pour quiconque s’intéresse et se questionne sur son rapport aux animaux, éleveur, militant végétarien, nutritionniste, propriétaire d’un chat ou simple foodie, la lecture de ce petit bouquin d’une centaine de pages me semble essentielle.

L’éthique animale
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Collection Que sais-je (PUF) 2011, 127 p.
Environ 17$

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Livrer ses secrets

Suggestions de livres de recettes végés

Ceux qui me lisent depuis un moment savent que j’achète davantage de livres que de fringues et que ma bibliothèque et plus grande que mon placard. Ce ne sera pas une grande révélation si je vous dit que je collectionne les livres de recettes.

Même si le Web est devenu une importante source d’inspiration dans ma cuisine (et mon laptop est souvent un peu collant), les livres gardent une place importante sur mon comptoir. Je préfère  me tourner vers les livres quand vient le temps de chercher quoi faire à souper. Difficile de dire pourquoi. Peut-être parce qu’un rapport de confiance s’installe avec certains auteurs. Avec Mark ou Jae par exemple, je sais que je ne peux pas me tromper. Les recettes sont testées, équilibrées et toujours savoureuses. Lorsque j’ai plus de temps, je me tourne systématiquement vers Eric pour apprendre de nouvelles techniques et m’accompagner dans la préparation de trucs un peu plus compliqués. Plus j’ai de livres, plus je m’attache à quelques valeurs sures. Mais un livre, c’est bien personnel. J’ai souvent prêté des bouquins pour réaliser que ceux  que j’aimais le moins sont devenus des coups de coeur pour des amis. Pour cette raison, plutôt que vous imposer "ma" liste de livres préférés, j’ai eu envie de partager avec vous les livres qui m’ont été proposés par mes amis sur Facebook et Twitter. Mais avant, quelques conseils pour magasiner un livres de recettes:

Choisir et adopter un nouveau livre de recettes en dix étapes

  1. Faites le bilan de vos livres de recettes préférés. Qu’est-ce que vous aimez ? Qu’est-ce qui vous manque ? Des trucs plus raffinés ? Des recettes plus simples ? Des desserts ? Des brunchs ?
  2. Jetez un oeil sur Google Livres. De nombreux livres de recettes y sont disponibles presque au complet dont les populaires Vegan with a Vengance, Veganomicon, How to cook everything vegetarian et Viva Vegan. Une bonne façon de tester avant d’acheter.
  3. Si vous magasinez en-ligne, lisez les commentaires des clients. C’est la base, mais en général, un livre qui a reçu 15 évaluations de cinq étoiles et pour lequel dix personnes ont décidé d’écrire un review et un livre qui mérite d’être considéré. Vive Amazon.
  4. Quand le site le permet ou si vous êtes en librairie, prenez le temps de lire une recette. Au complet. Lentement. Et évaluez votre niveau de confort (de frustration). Ingrédients bizarres, mesures en poids quand on a pas de balance, une demie tasse de margarine dans chaque plat, fausses viandes à profusion ? Out.
  5. Essayez de trouver cinq recettes que vous avez vraiment envie d’essayer. Si vous n’y parvenez pas en quelques minutes, pas la peine d’insister.
  6. Vérifiez si livre contient un index digne de ce nom. La plupart du temps, on cherche un recette à partir d’un ingrédient. Vous n’allez jamais examiner chaque plat principal pour savoir quoi faire avec un navet.
  7. S’il y a des aliments que vous ne consommez pas pour des raisons d’allergies, d’intolérances ou de régime alimentaire, évaluez le nombre approximatif de recettes qui en contiennent. Plus de 30% ? Laissez tomber.
  8. Lorsque vous aurez acheté un livre, prenez le temps de le lire. Comme un livre! On trouve souvent dans les pages d’intro des infos fort utiles pour mieux suivre ou agencer les recettes, pour équilibrer son menu, pour affiner des techniques. Un livre de recettes, c’est souvent plus que des recettes. Ensuite, mettez des post it aux recettes que vous avez envie d’essayer.
  9. Quand vous testez une nouvelle recette, prenez le temps de la lire au complet avant de commencer. Chaque auteur a sa façon d’expliquer une marche à suivre. Pour éviter les mauvaises surprises, vaut mieux savoir où on s’en va.
  10. Forcez vous à utiliser votre nouveau livre pour un repas complet. Une bonne façon d’apprendre à connaître votre nouveau partenaire et de découvrir ses forces et ses limites.

Liste de suggestions

Geneviève S. Rajotte aime bien Recettes végétariennes de Larousse. Je l’ai aussi, et j’avoue qu’il est bien illustré, assez complet et facile à consulter, tout ça à prix doux. La recette préférée de Geneviève : le rôti "pain de viande" aux champignons.

17,75$

Ces temps-ci, Guylaine Boudreault découvre Cuisine végétarienne locale de Terry Walters qui vient d’être publié au Québec.

21,18$

Alexandre Gagnon apprécie particulièrement  ce classique indémodable de 1999 qu’est The Vegan Gourmet chez Clarkson Potter qui en est à sa seconde édition.

16,35$

La nutritionniste Geneviève Nadeau quant à elle recommande Végétariens mais pas légumes, un ouvrage québécois de Patricia Tulasne et Anne-Marie Roy qui vient tout juste d’être réédité. Geneviève aime le pâté chinois aux lentilles, la salade de légumineuses, la salade poire, portobello et pacanes et le chili sin carne.

21,18$

Je pense que je vais me laisser tenter par le choix de Mayssam Samaha,  Plenty: Vibrant Vegetable Recipes du grand chef londonien Ottolenghi qui tient la chronique "The new Vegetarian" dans The Guardian.

25,71$

Parce qu’il est dans son trip japonais, Jean-François Durocher recommande Kansha: Celebrating Japan’s Vegan and Vegetarian Traditions chez Ten Speed Press : "Assez cool merci !". Plus qu’un livre de recettes, c’est une véritable encyclopédie de la cuisine japonaise.

25,08$

Le coup de coeur de Catherine Huard va à Passionate Vegetarian de Crescent Dragonwagon. Un bon livre de base (plus de 1000 pages), champion des cinq étoiles sur Amazon.

19,75$

En terminant, petite plogue commerciale : si vous désirez acheter un des livres sur cette page, sachez qu’en utilisant mes liens vous me permettez de gagner une toute petite commission ! Et vous, vous avez d’autres suggestions ?

Amuse bouche > 18 janvier 2011

Revue de presse

On commence l’année avec une nouvelle fournée d’amuse bouche, sorte de revue de presse des dernières semaines sur les questions touchant l’éthique et l’alimentation. On commence avec la théorie ce matin et lorsque vous aurez bien digéré, je vous envoie la pratique et le reste !

La théorie

Consommation et végétarisme

Le prix des aliments atteint de nouveaux sommets mais les canadiens ne consacrent que 9% de leur revenu à la nourriture. Parmi la plus faible part des pays développés.

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Noël, c’est déjà assez stressant comme ça.

Réveillon d’omnivores consciencieux

Le soir de Noël, j’ai été invitée à souper chez ma grande amie Catherine qui m’a bien impressionnée par son repas d’omnivore consciencieuse. Je lui ai proposé de vous partager son expérience. Catherine est l’auteure du blog Le danseur ne pèse pas lourd dans la balance. – ÉD

christmas lightsJ’ai trente-cinq ans et la plupart de mes amis ont des enfants. Il est quasi-impossible de les voir pendant les Fêtes tant ils sont pris dans l’inéluctable tournée des grands-parents, cousins, matantes. L’an passé, j’ai décidé d’organiser une soirée pour orphelins de Noël et autres weirdos comme moi, sans enfants…

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