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L’éthique alimentaire à l’UPop

J’écris beaucoup moins ces temps-ci mais ce n’est pas que j’ai arrêté de me questionner sur les conséquences de nos choix alimentaires. Au contraire. D’ailleurs, commence ce mercredi à offrir mon premier "vrai" cours à vie dans le cadre de l’UPop, l’Université populaire de Montréal. Ce cours, "L’éthique dans l’assiette" est offerts sur cinq semaine, le mercredi soir à 19h, du 26 septembre au 24 octobre. Les rencontres auront au Bar Populaire dans la petite Italie (6584 St-Laurent). Et le plus génial dans tout ça, c’est gratuit et qu’il n’y a pas d’inscription nécessaire (en revanche, on peut boire de la bière en m’écoutant). À chaque séance, une heure de théorie, une heure de questions.

On peut s’informer ici.

Le plan de cours ressemble à ça :

26 septembre 2012

Les choix alimentaires comme choix éthiques
On peut s’imaginer un scandale politique pour des raisons de détournements de fonds, d’adultère ou meme de meurtre. Mais on voit mal un politicien faire les manchettes pour avoir mange un hot chicken. Or, l’éthique s’intéresse aux choix de vie et de société, mais aussi aux questions de tous les jours. L’éthique est aussi dans nos assiettes. Surtout que trios fois par jour, nous faisons des choix, des choix qui ont des conséquences sur l’environnement, le bien-être des animaux, la faim dans le monde et la vie de travailleurs. Manger, c’est aussi poser des gestes éthiques. Dans cette première séance, en s’inspirant de The Ethics of What We Eat de Peter Singer, nous verrons sur quelles bases repose une alimentation éthique.
» Avec la participation de Martin Gibert

3 octobre 2012
Les coûts cachés de la viande pas chère
Combien coûte vraiment un burger à quatre dollars? Quatre dollars, c’est le prix que paye celui qui achète le burger. Mais combien en coûte-t-il à la société si l’on tient compte de la charge que la production de ce burger fait peser sur l’environnement et la santé? Et surtout, sur la vie de plus de 200 millions d’animaux élevés dans des conditions misérables et tués chaque année pour nous nourrir – au Québec seulement? La viande qui était une denrée rare et réservée aux grandes occasions il y a moins d’un siècle est aujourd’hui moins chère que jamais. Et on en mange plus que jamais : 35 % plus que dans les années 60. Mais cette production intensive a un coût, un coût qui ne se reflète évidemment pas à la caisse.

10 octobre 2012
De bonnes (?) raisons de manger de la viande
Qu’elles soient liées à la souffrance animale, à l’environnement ou à la santé humaine, nous avons plusieurs raisons d’éviter de manger certains plats. Mais qu’en est-il des contre arguments? Peut-on trouver des raisons morales de manger de la viande? Si on posait la question à Martin Picard ou à Sarah Palin, que nous diraient-ils? Que c’est une question de choix personnel! Que c’est dans notre nature! Que c’est culturel! Que les animaux, eux, n’hésiteraient pas à nous manger ou que c’est bon. Qu’est-ce qu’un philosophe peut leur répondre?
» Avec la participation de Martin Gibert

17 octobre 2012
La faim justifie-t-elle les moyens?
La population mondiale devrait frôler les 9 milliards en 2050. C’est de 70 à 100 % de plus de nourriture qu’on devra produire pour nourrir ces 2,3 milliards de nouvelles bouches. Nombreux ceux qui soutiennent que la terre a besoin d’une nouvelle Révolution verte, comme celle qui a permis dans les années 70 à l’Inde de devenir autosuffisante dans la production de céréales. En intensifiant la production, on a réussi à hausser drastiquement la productivité sans déforestation. Le hic, c’est que l’intensification de la production dépend d’engrais et de pesticides chimiques. Peut-on nourrir la terre sans la détruire?

24 octobre 2012
Changer l’option par défaut
Imaginez une cafétéria ordinaire, pleine d’étudiants ordinaires. Comme dans toutes les cafétérias ordinaires, on y mange gras, sucré et carné. Les légumes se font rares. Imaginez qu’on procède à quelques modifications : le brocoli est placé en début de file, les plats santé comme le tofu ont des descriptions plus sexy, les fruits sont présentés dans des bols… Résultat : les étudiants se servent de 15 % de plus de brocoli, de 27 % plus de tofu, de deux fois plus de fruits. On peut influencer positivement les gens tout en leur laissant le choix. C’est l’idée du « paternalisme libertaire » popularisée par Richard Taylor et Cass Sustein dans leur livre Nudge. Dans cette dernière séance, études à l’appui, on apprendra changer le monde en changeant l’option par défaut.