Ouverture de Fait ici et lancement de Ripe from around here
L’actualité de ce début d’été en alimentation éthique (si si, ça existe) est marquée par les nouvelles locales. Alors que les premiers paniers bios sont livrés, que les marchés de quartier s’installent et que le terme « locavore » fait son apparition dans le Larousse, un premier magasin général spécialisé en produits locaux, Fait ici, ouvre ses portes dans la Petite Bourgogne et Jae Steele lance son nouveau livre Ripe from around here.
Magasin général
Fait ici n’a ouvert que la semaine dernière mais voilà plusieurs mois que ses nouveaux propriétaires, Lindsay et Jackson bloguent avec passion en racontant les rénos de leur boutique et leurs découvertes. La transparence et l’esprit de partage qui a marqué la naissance du projet donnent le ton au magasin. Pour chaque produit qu’on retrouve sur les tablettes, son origine et la distance parcourue sont indiquées. Et les propriétaires ont à chaque fois une histoire à raconter.
On trouve donc chez Fait ici fruits et légumes bio provenant de la ferme Sanders dans les cantons de l’Est avec qui Lindsay et Jackson ont tissé des liens serrés, mais aussi de la viande bio de chez Diane et Victor Blais (des anciens producteurs porcins qui ont pris un virage bio), des produits d’épicerie courante comme la farine Moulin Abenakis, quelques produits pour le corps comme les crèmes Smith Farms fabriquées à Saint-Policarpe, les sacs de provision Credo Bags (qui offrent d’indispensables filets à fruits et légumes), des couches, des jouets d’enfants, etc. Et tout ça est à 75% d’origine locale.
Fait ici propose également des repas légers préparés sur place qu’on peut déguster en discutant avec les voisins sur une jolie terrasse aménagée derrière la boutique. Une bonne idée qui permettra aussi de réduire les pertes en transformant en gaspacho les tomates un peu fanées. On pourra aussi bientôt laisser ses vêtements à nettoyer à sec à la boutique et ils seront envoyés chez un nettoyeur écolo. Évidemment, on ne trouve pas encore chez Fait ici tous les ingrédients nécessaires pour préparer un souper cinq services, mais la jeune boutique peut très bien devenir un incontournable petit marché de quartier où il fait toujours plaisir d’arrêter.
Fait ici est situé à quelques pas du marché Atwater, dans la section très branchée et foodie de Notre-Dame à côté de Joe Beef et en face du Burgundy Lion.
Fait ici
2519, Notre-Dame O., Montréal (métro Lionel-Groulx)
www.faitici.ca
Bien mûri
J’ai beaucoup parlé de Get it Ripe, le premier livre de recettes végan de Jae Steele. Ça reste après deux ans mon livre préféré, que j’ai offert à plusieurs copines. (En fait, je le prête mais comme il ne revient pas, je m’en achète à chaque fois une nouvelle copie.) Je crois bien avoir essayé chacune de ses recettes et il y en a quelques unes, comme les sobas au kale que je dois avoir faites une douzaine de fois. Et même si j’ai plusieurs autres livres de cuisine végan, je continue à m’y référer que ce soit pour connaître les temps de trempage et de cuisson de graines ou de légumineuses ou pour me rappeler les bases d’une alimentation végé santé.
Le rapport qui se crée entre un lecteur et un auteur de livre de cuisine est assez singulier. Un livre de cuisine, ce n’est pas comme n’importe quel essai qu’on lit une fois et qu’on range sur un rayon de bibliothèque. C’est un livre avec lequel se développe une relation de confiance. On ne saura qu’après les 45 minutes de cuisson si le gâteau dans lequel on a mis pour 5$ de noix et une demie canne de sirop d’érable sera vraiment bon. Et si ce n’est pas le cas, on hésitera à lui donner une seconde chance. Et au-delà du goût, j’ai tendance à ne pas accorder crédit à un auteur qui utilise de la margarine à outrance et j’ai envie que mon plat soit équilibré sans que j’aie besoin à chaque fois de tout calculer. Avec Jae, pas besoin de réfléchir. Tout sera bon, sain, équilibré.
Son nouveau livre, Ripe from around here propose près de 200 recettes de jus, de déjeuners, de plats principaux, d’accompagnements et de desserts mais cette fois-ci, l’accent est mis sur les produits locaux et de saison. Comme Jae habite Toronto, les références qu’elle donne sont parfaitement applicables à Montréal. Ripe from around here, c’est un livre qu’on a envie de traîner avec soi au marché et grâce auquel on aura l’idée de s’acheter des shiitake et des feuilles de pissenlit pour se faire un sauté et qui nous donnera le goût de prendre une botte de pousses d’ail pour préparer un pesto.
L’été dernier, j’ai eu la chance d’être testeure pour ces nouvelles recettes et c’était en même temps mon premier été à recevoir des paniers bios à chaque semaine. J’ai trouvé dans Ripe from around here toute l’inspiration nécessaire pour tirer pleinement profit des arrivages de la ferme avec des recettes savoureuses et originales, mais qui ne demandent pas de courir à l’épicerie pour trouver les 24 ingrédients manquants. J’ai découvert des plats fabuleux comme le pad thai cru, les muffins à la rhubarbe et aux fraises et ceux aux patates douces, le végé pâté et l’incroyable gâteau au chocolat-zucchini. Au-delà de la qualité des recettes, le livre est particulièrement bien fait, avec un index qui mélange les noms des plats et les ingrédients, une introduction bien documentée sur le pourquoi et le comment du local, de belles photos et une foule de conseils pratiques.
Ripe from around here
Jae Steele
Arsenal Pulp Press. 2010. 263 p. 24.95$
www.domesticaffair.blogspot.com

qbert72
2010/06/12
> Avec Jae, pas besoin de réfléchir.
Choquant!
Babette
2010/06/15
J’ai vraiment hâte de commander ce livre! Merci pour le lien vers sa recette de pesto aux têtes d’ail… Je devrais en avoir très bientôt dans mon panier bio, et la recette de pesto que j’avais n’était pas entièrement satisfaisante.
catherine
2010/06/16
Les carottes bio qui ont voyagé 3000km, ou les carottes (les oeufs, les tomates..) locales, mais pas bio. Question existentielle, que je me suis souvent posée devant l’étal de l’épicerie du coin. Pas facile, d’autant que les carottes locales ont souvent, elles aussi, fait bien des kilomètres avant d’arriver près de chez moi. Bien sûr, les solutions les meilleures sont les paniers bio – quand on peut s’y adonner/abonner, voire être en contact contact direct avec le producteur. Pas toujours évident!
En attendant, je fais pousser quelques tomates dans mon petit jardin de ville. Je vais toucher les feuilles et pincer les “gourmands” juste pour le plaisir. En passant je caresse aussi le basilic, bonheur assuré, la journée va être belle. L’été est arrivé!
A mentionner -si ça n’est déjà fait- le magnifique jardin “sur le toit” (en fait sur le campus de McGill College) du Santropol roulant. Une magnifique réalisation qui gagne du terrain et des adeptes: les bénévoles pour la corvée jardin sont nombreux et assidus. C’est local, c’est bio, ça a une âme, une conscience, et en plus c’est beau à voir, tous ces bacs avec des beaux légumes qui prennent forme.
P.S.: Merci pour les magnifiques recettes. Ma fille est végétarienne, je vais l’épater ce week-end.
Elise Desaulniers
2010/06/17
Merci de tes commentaires Catherine !
Effectivement, les mentions “bio” et “local” ne signifient aucunement que ces produits sont éthiques. J’en ai souvent parlé ici, des asperges bio du chili, des tomates de serre en plein hiver ou même des fraises du Québec qui ont traversé deux fois la province (les grandes surfaces ont souvent un seul entrepôt pour tout le Québec), ça n’a rien d’éthique. Par contre, on a des initiatives réjouissantes comme celle de Fait Ici dont je parle dans cet article qui mentionnent précisément d’où viennent leurs fruits et légumes. Il faut demander à nos marchands du coin de faire pareil !
Et merci de me rappeler le jardin du Santropol. Je prépare justement un billet sur eux.
Au plaisir (et n’hésite pas si tu veux des recettes, j’en ai des tonnes !)
catherine
2010/06/17
Ce qui rassure, c’est que l’on parle de plus en plus de tout ça: la grande distribution, le “100 mile diet” le bio et l’éthique, et il y a un réel éveil de la population grâce à des têtes d’affiche: Normand Laprise, bravo! mais aussi des initiatives dont j’ai entendu parler en France, très très réjouissant. Et puis il y a Helen Degeneres, la végétalienne la plus connue des US.
Et en France, quel bonheur, la traçabilité, c’est le quotidien: chez le boucher, tu sais que les animaux sont ceux qu’on a vu paitre (de l’herbe!) pas loin de chez nous. Le charcutier n’a que du vrai cochon de ferme, et tous les poissons sont clairement identifiés, quant à leur provenance, ou s’ils sont pêchés ou élevés. Bon, je dois avouer que je suis à la campagne, en ville ça doit être moins évident. Mais les gens réclament de plus en plus l’éthique et la qualité dans leur assiette.
Mais ça n’empêche que la meilleure solution pour nous tous, c’est d’arrêter le massacre: no more “eating animals”
Je vais aller faire un tour chez Fait Ici. Et toi, viens faire un tour au jardin du Santropol, tu me verras peut-être les mains dans le compost!
catherine
2010/06/18
Trouvé le dulce chez Bio Terre. Merci.
Je cherche la MEILLEURE recette de satay. As tu déjà utilisé du seitan, ou est-ce mieux avec du tofu?
Elise Desaulniers
2010/06/18
Je n’ai pas eu beaucoup d’expérience fructueuses avec le seitan. Sans doute parce que je n’ai jamais réussi à le faire correctement. Par contre, avec le tofu, j’ai eu beaucoup de succès avec les brochettes du Candle Light Cafe : http://penseravantdouvrirlabouche.com/2010/04/15/festin-dagnostiques/#satay