Une campagne publicitaire sur les conditions d’élevage des poulets du Québec
Les Éleveurs de poulets du Québec lancent ces jours-ci une campagne télévisée sur les conditions d’élevage des volailles au Québec. Pour citer Infopresse, “signés Bien élevé, comme les précédents , les messages soulignent les bonnes conditions d’élevage des poulets du Québec en s’attaquant directement à certains mythes sur le sujet.” Dans un des messages, un poulet se réjouit d’avoir un toit, du grain, de l’espace et de la chaleur et n’espère rien de plus. Dans l’autre, il dit qu’il n’est pas tanné de manger du grain.
Sur le site des Éleveurs, bien peu d’information vient compléter la campagne télé. “En moyenne” il y aurait 10 poulets par mètre carré et les poulaillers seraient désinfectés avant chaque arrivage de nouveaux oiseaux. C’est tout.
J’en ai déjà parlé, les poulets qu’on consomme sont des machine à produire de la viande à faible coût et leur condition de vie sont le moindre soucis des éleveurs. Or, les poules ont un système nerveux similaire au nôtre. Elles ont des réactions similaires aux nôtres devant la souffrance. Devant le stress ou l’ennui, les poules répètent des mouvements futiles. Une étude montre que lorsqu’on leur offre le choix entre de la nourriture dans laquelle des analgésiques ont été ajoutés et leur nourriture habituelle, elles vont choisir les analgésiques. De l’autre côté de l’Atlantique, la Commission européenne a déjà rappelé que “les considérations économiques et sociales ne doivent pas primer sur le bien être et la santé des animaux” et a mis en place quelques normes sur l’élevage des poulets de chair. Ici ? Rien.
Tant que les Éleveurs de poulets du Québec n’ouvriront pas les portes des poulaillers, je vais croire que les poulets vivent dans les conditions décrites par la Coalition canadienne pour la protection des animaux de ferme. Et je vais continuer de croire que les élevages de poulets ressemblent à ceci :
S’ils pouvaient parler de leurs conditions de vie, les poulets auraient probablement beaucoup plus à dire que les banalités que les éleveurs leur mettent dans le bec. Comme moi, ils doivent espérer qu’on mette fin à l’élevage intensif avant qu’ils aient des dents

Frédéric Côté-Boudreau
2010/03/22
En effet, ces publicités ne passent pas le test du sens critique. Tant qu’ils ne nous montrent pas des images des poulaillers modernes [industriels], ce qui inclut autant l’élevage que l’abattage (car comment bien traiter un animal si on l’abat sauvagement?), comment peuvent-ils être crédibles? Si je suis accusé devant le tribunal, je vais apporter des pièces à conviction pour témoigner de mon innocence, et non pas raconter une fable.
Malheureusement, ces fables semblent plus convaincantes auprès d’un large public, car elles rassurent les amateurs de poulet. On dirait presque des histoires pour enfants, pourtant. Les éleveurs peuvent bien dire n’importe quoi.
J’ai toujours de la difficulté à entendre, de la part des exploiteurs, la fameuse phrase “C’est dans notre intérêt de bien élever l’animal”, trop facile à dire. C’est comme pour réconcilier économie et bien-être animal, voire bien-être animal et gastronomie carnivore; comme s’il existait un lien nécessaire. Existe-t-il pourtant des études pour le démontrer? Ici, “C’est parce qu’on l’élève avec soin que le poulet du Québec se révèle aussi savoureux.” J’ai de la peine à entendre “soin” et “savoureux” dans la même phrase, car ils me semblent contradictoires. Dans la même logique, mangeons alors nos chiens et chats domestiques pour voir à quel point ils doivent goûter bons, sans aucun doute bien meilleurs que du poulet ou du porc.
Il est clair que c’est dans leur intérêt de dire que les animaux sont bien traités, là est la vraie logique. Qui doit ressembler, d’ailleurs, à ce que disaient les marchands d’esclaves — j’aurais bien aimé voir leurs publicités!
sophie
2010/03/23
Les conditions de vie et de mort des poulets au sein de l’Union Européenne sont tout aussi scandaleuses que chez vous. Malgré les déclarations et des lois de protection animale qui de toute façon sont inappliquables dans le cadre d’un élevage concentrationnaire, rien ne change.
http://poulets.fr/