Paie-t-on le juste prix lorsqu’on achète des produits biologiques ?
En rentrant du resto hier soir, Martin me demandait si on n’avait pas payé un peu cher pour ce qu’on avait mangé. Or, toute la soirée, on s’était empiré de produits bios. Les aliments biologiques coûtent plus cher à produire que les aliments traditionnels parce que des pesticides et de l’engrais de synthèse ne sont pas utilisés, ce qui procure à court terme un rendement moindre que la culture traditionnelle. Mais combien plus cher ?
Un article du New York Times paru en 2008 montre aussi d’autres facteurs qui expliquent les difficultés à fournir du biologique à bon prix. La production de soja, de maïs et de blé biologiques est insuffisante pour répondre à la demande. Ces produits, lorsque cultivés traditionnellement, se vendent déjà à des prix records; les cultivateurs ne voient donc pas d’incitatif à transformer leurs cultures, une démarche lourde et onéreuse. Du coup, le prix des produits biologiques de base monte en graine.
Il semblerait aussi que les distributeurs profitent de la forte demande du bio pour accroître leurs profits. Le Monde publiait récemment des résultats d’enquête sur le sujet et on y apprend que la marge brute d’un kilo de pommes traditionnelles serait de 0,50 euros tandis qu’elle grimperait à 1,09 euros pour des pommes biologiques. Les grandes surfaces ont bien compris que le bio permettait d’augmenter la facture moyenne d’une clientèle riche qui ne regarde pas à la dépense. Toujours selon les enquêtes citées par Le Monde, un panier d’épicerie bio coûterait 70% plus cher qu’un panier traditionnel. On est cependant incapable de calculer quel devrait être le réel surcoût des produits biologiques. En France, les associations de consommateurs font pression pour plus de transparence. Espérons que ce mouvement se transporte chez nous.
En attendant, la meilleure solution pour bien manger sans engraisser les distributeurs reste sans doute de comparer les prix – qui varient grandement d’une épicerie à l’autre. Je ne le répèterai jamais assez: le carton de lait d’amandes, le sachet d’algues et la conserve de fèves rouges coûtent beaucoup moins cher chez Segal que chez Rachelle Béry (même en spécial). Et il ne faut pas hésiter à acheter directement du producteur quand c’est possible, notamment grâce aux paniers bios.
Sur le sujet :
Tout n’est pas toujours plus vert chez le voisin. Comment acheter bio et local peut parfois être nuisible.

qbert72
2010/02/14
“Le prix monte en graine” : joli!
1000N
2010/04/16
Encore moi! Je m’étais pourtant dit que je n’avais plus d’inspiration mais me voilà rallumée!
Sans faire une liste exhaustive de “pour kessé faire que le bio c’est plusse cher”, je vais d’abord dire que c’est surtout parce que le désherbage, ça coûte cher. La protection contre les insectes aussi. Et ça prend du temps donc, de la main d’oeuvre.
Alors que les agriculteurs dits “conventionnels” vont préparer leur sol au printemps avec un herbicide qui brûle tout ce qui pousse, en régie biologique on se doit d’utiliser des moyens mécaniques, un instrument qui soulèvera, coupera, retournera la terre, bref, trucider les indésirables herbes. Ça demande plus de temps de passer avec ces outils qui ne couvriront souvent la surface d’une planche (i.e. 1,5 mètres), que de passer avec une rampe d’arrosage à la portée plus large. La vitesse de travail est aussi différente.
Comme je passe souvent du coq à l’âne, chaque idée me fait jouer à saute-moutons et toute la basse-cour s’y met, voilà que j’ouvre à nouveau la parenthèse sur le fait que les agriculteurs conventionnels se targuent de dire qu’ils polluent moins que les bios parce que leurs méthodes hiroshimiennes nécessitent moins de passages de tracteurs. Intéressant. Peut-être y reviendrons-nous.
Pour ce qui est des insectes… Mes préférés :P
Encore une fois, le chimique, c’est donc efficace!
Pour ce qui est d’une culture de crucifères (choux, brocolis…) on protègera des altises (petits insectes noirs qui bondissent comme des puces lorsqu’on voudrait les effoirer avec l’index) en couvrant avec une bâche de tissus blanc retenue par une rangée de sacs de sable qu’il faudra enlever lorsque l’on veut avoir accès à la parcelle et on protègera des chenilles avec du B.t., un produit de lutte composé d’un bacille (bactérie) qui s’attaquera au système digestif de son hôte (mouhahaha) et qui est spécifique aux chenilles, c’est-à-dire non-nocif pour d’autres organismes vivants. Le coût des produits de lutte biologique est aussi plus élevé que des insecticides.
Le coût des semences est plus élevé, il faut payer la certification bio (600$) mettre du temps pour le cahier de charges exigé et finalement, ce sont souvent de plus petites terres où le travail est moins mécanisé et nécessitant plus de main-d’oeuvre.
Voilà!